La résidence de Laurent Gbagbo prise d'assaut

Anthony Nataf (avec Reuters)

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Les hélicoptères de la force française Licorne et de l'Onuci ont mené les raids contre la résidence de Laurent Gbagbo (photo d'archive).
Les hélicoptères de la force française Licorne et de l'Onuci ont mené les raids contre la résidence de Laurent Gbagbo (photo d'archive). — L. GNAGO / REUTERS

La résidence de Laurent Gbagbo à Abidjan a été « partiellement détruite » hier par des missiles tirés par des hélicoptères de l'Onuci et de la force française Licorne, selon un porte-parole du président sortant ivoirien. Ahoua Don Mello n'a pas précisé si Laurent Gbagbo se trouvait sur place au moment de l'attaque. « Des hélicoptères français et de l'ONU continuent de tirer sur la résidence du président Gbagbo », a-t-il expliqué par téléphone. Dans la soirée, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé qu'il avait demandé aux casques bleus déployés à Abidjan de recourir à « tous les moyens nécessaires » pour réduire au silence les armes lourdes des partisans de Laurent Gbagbo.
De son côté, le président sortant s'en est pris à la France, dont la force Licorne avait sécurisé samedi le port d'Abidjan. « Le président Gbagbo a appelé à la résistance contre les bombardements et les agissements de l'armée française en Côte d'Ivoire parce qu'en fin de compte, c'est l'armée française qui nous attaque », a asséné hier Ahoua Don Mello. Après des négociations avortées la semaine dernière, le ton est à l'image de la stratégie frontale que le dirigeant a rapidement remise au goût du jour.
Hier, le département d'Etat américain a accusé Laurent Gbagbo de faire preuve d'« un mépris impitoyable à l'égard du bien-être de son peuple ». Les Etats-Unis ont aussi qualifié sa volonté de négocier son départ de « ruse pour regrouper et réarmer » ses forces. Autre signe de détermination du clan Gbagbo, le bombardement samedi de l'hôtel du Golf, quartier général d'Alassane Ouattara, qui a blessé un casque bleu. Les hommes du président sortant « ont tiré au mortier et au lance-roquettes à partir de positions près de la résidence de Gbagbo », a expliqué l'Onuci.