Libye: Kadhafi accepte une feuille de route pour la paix, l'Otan veutun cessez-le-feu vérifiable

RÉVOLTE ais les insurgés ne sont pas prêts à le voir rester au pouvoir...

Avec Reuters

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Mouammar Kadhafi, le 10 avril 2011, à Tripoli.
Mouammar Kadhafi, le 10 avril 2011, à Tripoli. — M. TURKIA / AFP

S’achemine-t-on vers une sortie de crise en Libye? Mouammar Kadhafi a accepté dimanche soir une «feuille de route» pour la paix prévoyant un cessez-le-feu immédiat en Libye lors d'une rencontre avec une délégation de l'Union africaine. «Le frère dirigeant a accepté la feuille de route que nous lui avons présentée. Nous devons laisser une chance à l'instauration d'un cessez-le-feu», a déclaré Jacob Zuma, qui dirigeait la délégation. 

Les émissaires de l'Union africaine se sont ensuite rendus lundi à Benghazi, fief des insurgés, pour présenter ce plan de sortie de crise. Mais ces derniers ont déjà fait savoir qu'ils n'accepteraient rien d'autre qu'un départ du dirigeant libyen, au pouvoir depuis 1969, ce qui est jusqu'à présent exclu par Mouammar Kadhafi lui-même. Les insurgés souhaitent également qu'avant tout cessez-le-feu, les troupes loyales à Kadhafi se retirent des rues et que la liberté d'expression soit respectée. Or, lundi, les troupes de Kadhafi bombardaient à nouveau la ville de Misrata.

Le dépuart de Kadhafi évoqué

Prié de dire si la question du départ de Mouammar Kadhafi avait été évoquée durant les plusieurs heures d'entretiens entre le dirigeant libyen et la délégation africaine, Ramtane Lamamra, commissaire de l'UA pour la paix et la sécurité, a répondu: «Il y a eu des discussions.» «Je ne peux rien dire au sujet de ces discussions confidentielles car, d'abord, je n'y ai pas participé, et je pense que leur contenu doit rester entre les parties impliquées», a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse.  

La feuille de route prévoit l'acheminement de l'aide humanitaire, la protection des étrangers, le dialogue entre toutes les parties libyennes et «la mise en place d'une période de transition, avec pour objectif l'adoption et la mise en place des réformes politiques nécessaires», a-t-il précisé.

Les insurgés vont étudier le texte

Interrogé sur la réaction probable des insurgés, Ramtane Lamamra a répondu: «Nous pensons que nos propositions couvrent un champ suffisamment large pour permettre l'ouverture de négociations (...) Ce qu'il nous faut, c'est qu'ils reconnaissent que nous sommes des gens de bonne volonté.» «Il n'appartient pas à une quelconque force extérieure, pas même à l'Union africaine, de décider à la place du peuple libyen l'identité du dirigeant du pays», a-t-il ajouté.

Les frappes de l'Otan continuent

Ahmad Bani, un porte-parole des insurgés, a rejeté toute possibilité d'accord avec Mouammar Kadhafi pour mettre fin au soulèvement le plus meurtrier dans le monde arabe depuis le début de la vague de contestation ayant déjà emporté le Tunisien Zine ben Ali et l'Egyptien Hosni Moubarak. «Il n'y a pas d'autre solution que la solution militaire car le langage du dictateur est celui de l'anéantissement et les gens qui parlent ce langage ne comprennent que ce langage», a-t-il dit à l'antenne d'Al Djazira.

Depuis le début du soulèvement, le régime libyen a déjà proclamé des cessez-le-feu qui ne se sont pas concrétisés sur le terrain. C'est pourquoi le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré lundi que tout cessez-le-feu en Libye devrait être crédible et vérifiable, avec un mécanisme effectif de surveillance. Il a ajouté que le rythme des opérations aériennes de l'Alliance atlantique resterait dicté par la préoccupation première de l'Otan - la protection des populations civiles.

Sur le terrain, un mois après le début de l'opération, l'Otan a intensifié dimanche ses bombardements contre les forces de Mouammar Kadhafi pour tenter de desserrer leur étau contre la ville de Misrata, dans l'ouest de la Libye, et entraver leur progression dans l'est du pays.