Fukushima: Le Japon, un mois après la catastrophe

NUCLÉAIRE a situation à Fukushima n'est toujours pas réglée...

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YOMIURI / REUTERS

Un mois jour pour jour après le séisme et le tsunami géants qui ont ravagé le nord-est du Japon, le gouvernement a affirmé lundi que le risque d'une «fuite radioactive majeure» s'était «considérablement réduit» à la centrale nucléaire de Fukushima. Une minute de silence a été observée lundi dans le nord-est du Japon par des survivants et des sauveteurs un mois jour pour jour après le séisme et le tsunami géants survenus le 11 mars à 14h46, heure locale.

A l'heure exacte où la première secousse, de magnitude 9, a frappé les côtes Pacifique du Tohoku (nord-est), les sirènes ont retenti et la population locale s'est immobilisée pour observer une minute de silence à la mémoire des victimes. Cette catastrophe, la plus grave qu'ait connue l'archipel depuis la Deuxième guerre mondiale, a fait plus de 27.000 morts et disparus, selon un bilan encore provisoire de la Police nippone. Pour la première fois depuis le 11 mars, le gouvernement a fait preuve d'un prudent optimisme en estimant que le pire semblait avoir été évité à la centrale de Fukushima Daiichi (N°1).

Fukushima comme Tchernobyl?

«Le risque que la situation à la centrale nucléaire se détériore et qu'elle débouche sur une nouvelle fuite radioactive majeure s'est considérablement réduit», a déclaré son porte-parole, Yukio Edano. La menace d'une catastrophe nucléaire plus grave que celle de Tchernobyl en 1986 est redoutée partout dans le monde depuis qu'une vague géante de 14 mètres de haut, provoquée par un séisme de magnitude 9, a totalement submergé les protections de la centrale située au bord de l'océan Pacifique.

Le réseau d'alimentation électrique a été détruit et les circuits de refroidissement ont été interrompus, provoquant un début de fusion des barres de combustible, suivi d'explosions et de dégagements de fumées radioactives. Cet accident nucléaire est encore loin d'être terminé, estiment les experts, qui préviennent que des semaines, voire des mois, seront nécessaires pour stabiliser la situation. «Il est évident que la centrale n'est pas en état de fonctionner normalement», a reconnu Yukio Edano. Tokyo a déjà annoncé que Fukushima Daiichi, dont le premier des six réacteurs a été construit au début des années 1970, ne sera pas redémarrée.

La lettre du Premier ministre

Le Premier ministre de centre-gauche, Naoto Kan, devait donner en fin d'après-midi une conférence de presse pour faire le point de la situation et tenter de redonner le moral aux Japonais, très affectés par la triple catastrophe. Dimanche, Naoto Kan avait effectué sa deuxième visite dans les zones dévastées du nord-est pour affirmer que l'Etat n' «abandonnerait jamais» les sinistrés.

Il a également tenu à remercier les pays étrangers qui se sont portés au secours de son pays en faisant publier lundi une lettre dans plusieurs grands quotidiens chinois, américains ou européens. «A un moment désespéré, des gens tout autour de la planète se sont joints à nous, nous inspirant espoir et courage», écrit-il.

De son côté, Masataka Shimizu, le PDG de Tokyo Electric Power (Tepco), l'opérateur de Fukushima Daiichi, devait se rendre lundi pour la première fois dans la région pour s'excuser des troubles causés aux habitants. L'accident a forcé quelque 80.000 personnes à évacuer dans l'urgence les villes et villages situés dans un rayon de 20 km autour de la centrale. Accueillies dans des centres d'hébergement, elles ne savent pas si elles pourront y retourner vivre avant plusieurs années.

150.000 sans logis

Le gouvernement a indiqué lundi que cette zone d'évacuation de 20 kilomètres était «suffisante», selon M. Edano, qui n'a cependant pas exclu d'y ajouter certaines localités en fonction des niveaux de radioactivité. Un mois après, la situation restait également très difficile pour les 150.000 personnes toujours sans logis à la suite du séisme et du tsunami.

Nombre d'entre elles n'entrevoient pas d'amélioration à court terme, alors que l'énorme chantier de nettoyage des millions de tonnes de débris a à peine débuté. A Rikuzentakata, l'une des villes les plus détruites, une femme d'une trentaine d'années continuait lundi à fouiller les décombres de sa maison. «Un mois est passé et je suis toujours à la recherche d'un objet personnel, ne serait-ce qu'une photo», indique-t-elle. «Je suis très inquiète en pensant à ce qui va se passer maintenant, au travail que je vais pouvoir trouver...» La catastrophe a fait 13.116 morts et 14.377 disparus, selon un dernier bilan communiqué lundi par la police.