Côte d'Ivoire: «Obligés de nous réconcilier pour reconstruire»

INTERVIEW Selon Joël N'guessan, ex-ministre des Droits de l'homme de Côte d'Ivoire et porte-parole d'Alassane Ouattara...

Propos recueillis par Bérénice Dubuc

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Le président ivoirien, Alassane Ouattara, arrive à la réunion de l'Union Africaine, à Addis Ababa, en Ethiopia, le 10 mars 2011.
Le président ivoirien, Alassane Ouattara, arrive à la réunion de l'Union Africaine, à Addis Ababa, en Ethiopia, le 10 mars 2011. — Samson Haileyesus AP/SIPA

Alors que seule la résidence abidjanaise de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo semble encore résister aux forces d'Alassane Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale , l'ex-ministre des Droits de l'homme de Côte d'Ivoire, Joël N’guessan, porte-parole de Ouattara et membre du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), explique à 20 Minutes que les travaux du futur gouvernement d’Alassane Ouattara seront tournés vers la reconstruction de la nation ivoirienne.

Le gouvernement que va former Alassane Ouattara comprendra-t-il toutes les forces politiques ivoiriennes, y compris les pro-Gbagbo?

Ce sera bien un gouvernement d’union nationale, car la réconciliation fait partie du programme d’Alassane Ouattara. Cependant, l’ensemble de la représentation nationale ne sera pas forcément dans le gouvernement. Il y a une centaine de partis politiques en Côte d’Ivoire, que chacun soit représenté au sein du gouvernement serait impossible. L’équipe gouvernementale ne regroupera pas toutes les tendances politiques du pays, mais la représentation nationale peut aussi se faire au niveau de la haute administration par exemple.

Cela va-t-il permettre une véritable réconciliation nationale, selon vous?

Nous sommes obligés de nous réconcilier si nous voulons reconstruire notre pays. Il faut intégrer tous les Ivoiriens, à tous les niveaux de vie de la Nation. Nous sommes en pleine phase de reconstruction, et il est hors de question qu’une partie de la Nation soit mise de côté. Je crois que les Ivoiriens sont fatigués de ces dix années de guerre, qu’ils aspirent désormais à la Paix. Aujourd’hui la Côte d’Ivoire repart d’un nouveau pied, et nous sommes tous derrière Alassane Ouattara, nous soutenons tous son programme pour reconstruire la Côte d’Ivoire.

Quels vont être les dossiers prioritaires de ce gouvernement d’union nationale?

Le premier chantier va être d’assurer la sécurité des biens et des personnes. Beaucoup d’armes ont été mises en circulation sous Laurent Gbagbo, il faut enrayer cela et permettre à tous de vivre en toute sécurité. Ensuite, il va falloir rebâtir la confiance entre Ivoiriens, puis rendre notre administration performante et moderne, et enfin relancer l’économie. Ce sont des chantiers extrêmement importants. Depuis 10 ans, nous vivons en Côte d’Ivoire une situation anormale à tous points de vue, le moment est venu de commencer à reconstruire.

Des poursuites pénales, nationales ou internationales, sont-elles envisagées contre Laurent Gbagbo?

Dans la construction de tous les Etats de droit, le passage obligé est la lutte contre l’impunité. Il y a une obligation de traduire toutes les personnes qui ont commis des crimes – qu’ils soient d’ordre économique ou que ce soient des crimes de sang – devant les tribunaux, qu’ils soient nationaux ou internationaux. On ne peut pas en faire l’économie.