Immigrants tunisiens: Les ministres français et italien se rencontrent

IMMIGRATION Ils parleront ensemble de l'accueil du flux de migrants arrivés de Tunisie par mer dans le sud de l'Italie...

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Des migrants tunisiens campent sur l'île de Lampedusa, Italie, le 30 mars 2011.
Des migrants tunisiens campent sur l'île de Lampedusa, Italie, le 30 mars 2011. — T. GENTILE / REUTERS

Les ministres de l'Intérieur italien, Roberto Maroni, et français, Claude Guéant, doivent se rencontrer ce matin  à Milan  sur fond de polémique concernant l'accueil du flux de migrants arrivés de Tunisie par mer dans le sud de l'Italie. L'Italie, confrontée depuis janvier à un afflux d'immigrants illégaux tunisiens, a décidé jeudi de leur délivrer des permis de séjour temporaires valables dans l'espace Schengen pour impliquer les autres pays européens, ce qui a déclenché immédiatement une polémique avec Paris.

«Nous avons décidé d'octroyer des permis de séjour temporaires pour protection humanitaire qui permettront (aux migrants tunisiens) de voyager dans les pays de l'espace Schengen», a annoncé le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni. Dans la foulée, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a signé le décret autorisant ces permis.

Paris a très vite réagi en prévenant que la France n'entendait «pas subir une vague d'immigration» tunisienne venue d'Italie.

Circulaire envoyée aux préfets

Pour circuler «à l'intérieur de l'Espace Schengen, il ne suffit pas d'avoir une autorisation de séjour dans (un des Etats membres), encore faut-il avoir des documents d'identité et, surtout, justifier de ressources», a affirmé à l'AFP le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant.

Il a d'ailleurs envoyé à tous les préfets une circulaire précisant les documents requis pour pénétrer sur le territoire: passeport national valide, titre de séjour, titre de voyage, ressources minimum, justification du but du voyage... «Si ces conditions ne sont pas réunies, la France est tout à fait en droit de ramener en Italie les personnes concernées et c'est ce qu'elle fera», a-t-il assuré.

Suspension du traité de Schengen

Des sources françaises interrogées par l'AFP ont dénoncé «un comportement inamical de l'Italie». Roberto Maroni a déploré de son côté «un comportement hostile» de Paris. «Les Tunisiens auxquels nous accorderons le permis de séjour auront le droit de circuler. La France ne peut pas l'empêcher sauf en sortant de Schengen ou en suspendant le traité», a argué Roberto Maroni, intervenant dans une émission télévisée.

Selon le ministre, «l'écrasante majorité des immigrés déclarent vouloir rejoindre amis et proches en France ou dans d'autres pays européens». Une façon de «vider la baignoire», selon l'expression d'Umberto Bossi, le leader de la Ligue du Nord, parti anti-immigrés et allié crucial au sein du gouvernement de Silvio Berlusconi.

Transfert vers différentes régions italiennes

Depuis la chute du président Zine El Abidine Ben Ali à la mi-janvier, 25.800 migrants, surtout des Tunisiens mais aussi des Africains venus de Libye, ont débarqué en Italie. La plupart se sont retrouvés entassés sur la minuscule île de Lampedusa avant d'être transférés dans différentes régions de la péninsule.

Alors qu'un sommet entre le président français Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi est prévu le 26 avril à Rome, les deux ministres de l'Intérieur se retrouveront vendredi à Milan dans le nord du pays. Selon Roberto Maroni, il s'agira de «définir un système d'intervention commune afin que France et Italie puissent impliquer tous les pays de l'Union européenne». Outre ces permis temporaires, l'Italie a conclu un accord mardi avec la Tunisie pour l'aider à se développer et à lutter contre l'immigration clandestine.

Afflux constant

Tunis est censé mieux contrôler son littoral et accepter le rapatriement immédiat des immigrés arrivant en Italie après la date de mardi. Un premier avion a rapatrié jeudi soir une trentaine de migrants directement de Lampedusa à Tunis, en vertu de cet accord.

Mais l'afflux de migrants en Italie s'est poursuivi avec l'arrivée d'une centaine de migrants jeudi soir. Ils débarquent aussi de Libye, où le régime Kadhafi a ouvert les portes de l'exil à des milliers d'Africains. Jeudi soir, plus de 150 réfugiés somaliens et érythréens étaient toujours portés disparus après le naufrage la veille au large de Lampedusa de leur embarcation partie de Libye.

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