Côte d'Ivoire: Retranché dans sa résidence, Gbagbo s'accroche au pouvoir

CONFLIT Les forces d'Alassane Ouattara tentent de le capturer vivant...

C.C. avec Reuters

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STAFF PHOTOGRAPHER / REUTERS

Laurent Gbagbo plie, mais ne rompt pas. Les affrontements ont fait rage pour la troisième journée consécutive à Abidjan où le président sortant, qui refuse toujours de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara, vit retranché.

Les forces d'Alassane Ouattara ont lancé ce mercredi un assaut dans la capitale économique ivoirienne contre la résidence de Laurent Gbagbo qui a, semble-t-il, été repoussé selon une source militaire occidentale.  D'après cette source, qui vit non loin de la résidence fortifiée de Laurent Gabgbo dans le quartier huppé de Cocody, les combats ont diminué d'intensité dans l'après-midi et les forces d'Alassane Ouattara se sont regroupées. Affousy Bamba, porte-parole d'Alassane Ouattara, a démenti un tel repli, sans pouvoir donner de précisions sur les derniers combats.

Echec des négociations

L’objectif est clair: prendre Laurent Gbagbo vivant. «Cela n'a jamais été l'intention de qui que ce soit dans le camp Ouattara, et ce n'est toujours pas le cas, d'assassiner l'ancien président Gbagbo», a dit Affousy Bamba. «Alassane Ouattara a donné des instructions formelles pour que Gbagbo soit pris vivant car nous voulons le traduire en justice», a-t-elle ajouté.

A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a reconnu l'échec des négociations et dénoncé l'«intransigeance» de Laurent Gbagbo, tout en soulignant que ni les soldats français de la force Licorne ni les casques bleus de l'Onu n'étaient engagés dans les affrontements.

«Le président Sarkozy organise l'assassinat du président Gbagbo»

Le porte-parole de Laurent Gbagbo à Paris, Toussaint Alain, a pourtant accusé la France de vouloir la mort du chef de l'Etat sortant. «Le président Sarkozy organise l'assassinat du président Gbagbo», a-t-il dit. En outre, une centaine de manifestants pro-Gbagbo se sont rassemblés devant l'Assemblée nationale française aux cris de «Sarkozy assassin», «La France et l'Onu complices» et «La Côte d'Ivoire ne t'appartient pas».

Laurent Gbagbo refuse principalement de signer un document par lequel il renoncerait à revendiquer le pouvoir. «Si Gbagbo refuse de signer les documents présentés hier (par l'Onu et la France), c'est parce qu'on lui propose quelque chose qui n'a aucune base juridique ou légale», a dit ce mercredi son autre porte-parole Ahoua Don Mello. Interviewé sur RFI, le président sortant a redit son refus de se rendre. «Nous n'en sommes pas dans la phase de négociations. Et où partirais-je? Pour aller où?», a-t-il demandé.