Côte d'Ivoire: Le camp Ouattara annonce la prise de la résidence de Gbagbo

CRISE L'ONU est de son côté passée à l'attaque en fin de journée ce lundi...

N. Be., avec Reuters

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Des explosions durant l'attaque menée par l'ONU et l'armée française à Abidjan, le 4 avril 2011.
Des explosions durant l'attaque menée par l'ONU et l'armée française à Abidjan, le 4 avril 2011. — STR New / Reuters

Dernière info (0h35): Les forces fidèles à Alassane Ouattara ont pris la résidence du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, a annoncé lundi Patrick Achi, porte-parole du gouvernement Ouattara. Il a dit ignorer si Gbagbo s'y trouvait ou non au moment des faits.

Le camp Gbagbo entre deux feux. Alors que les forces pro-Ouattara ont lancé lundi une attaque contre les troupes pro-Gbagbo à Abidjan, l’ONU a elle aussi pris la décision de passer à l’offensive. En fin de journée, deux hélicoptères de l'ONU ont tiré quatre missiles sur la base militaire d'Akouédo, qui abrite trois bataillons de l'armée ivoirienne fidèle à Laurent Gbagbo, selon des témoins.

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Impliquée dans l’opération, la France a autorisé lundi ses unités présentes en Côte d'Ivoire à intervenir aux côtés de la force de l'ONU dans le pays (Onuci) pour neutraliser des armes lourdes de l'armée du président sortant Laurent Gbagbo utilisées contre des populations civiles.

Dans un communiqué, l'Elysée indique que cette intervention répond à une requête du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a sollicité l'aide de la France dans une lettre à Nicolas Sarkozy. «Le président de la République a répondu positivement à cette demande et autorisé les forces françaises, agissant conformément au mandat que leur a donné le Conseil de sécurité, à participer aux opérations conduites par l'Onuci en vue de la protection des civils», lit-on dans le communiqué.

150 soldats français en plus

L'Elysée publie le texte des lettres échangées entre Ban Ki-moon et Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de l'ONU déclarant qu'il était «urgent» de lancer des opérations pour mettre hors d'état de nuire des armes lourdes utilisées contre la population civile et l'Onuci qui lui vient en aide.

Auparavant dans la journée à Paris, l'état-major des armées avait annoncé l'envoi de 150 soldats supplémentaires en Côte d'Ivoire pour protéger les civils, portant à quelque 1.650 hommes l'effectif de son dispositif Licorne sur place. Venus du Gabon, les 150 hommes envoyés en renfort s'ajoutent aux 300 militaires déployés ce week-end.

Deux Français enlevés

Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères français a confirmé lundi l'enlèvement de plusieurs personnes à Abidjan, dont deux ressortissants français (un Béninois et un Malaisien se trouveraient également parmi les personnes kidnappées, selon l’AFP). Selon Europe 1, cinq personnes ont été kidnappées dans l'après-midi dans le quartier d'affaires d'Abidjan «lors d'une attaque des forces de défense fidèles» au président sortant Laurent Gbagbo.

«Nous confirmons l'enlèvement par des hommes armés de plusieurs personnes dont deux ressortissants français», a dit à Reuters un porte-parole du Quai d'Orsay. «Nous sommes mobilisés et notre ambassade met en place tout en oeuvre pour retrouver les personnes enlevées», a-t-il ajouté.