Bangladesh: Manifestations contre le droit des femmes, des dizaines de blessés

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Des dizaines de personnes ont été blessées et plus de cent autres ont été arrêtées lundi au Bangladesh pendant des heurts entre les forces de police et des manifestants de partis islamiques protestant contre des projets de loi en faveur de l'égalité des femmes.

Ces partis, rassemblés sous la bannière d'une organisation baptisée Comité d'application de la loi islamique, ont lancé un appel à la grève ce lundi pour protester contre la volonté du gouvernement de faire adopter des lois garantissant aux femmes les mêmes droits de propriété et d'héritage que les hommes.

10.000 policiers déployés

La plupart des écoles, bureaux et magasins étaient fermés à Dacca et les principaux axes routiers dans et autour de la capitale étaient quasiment déserts. Un haut responsable de la police a précisé qu'environ 10.000 policiers avaient été déployés à Dacca pour empêcher les violences.

Environ 1.000 manifestants ont bloqué la voie express Dacca-Chittagong à 10 km au sud de Dacca. De violents heurts se sont produits lorsque la police a tenté de les déloger, a déclaré le chef de la police locale, Badrul Alam.

La police a procédé à des tirs de gaz lacrymogène contre les manifestants, principalement des étudiants d'universités islamiques.

90% de la population est musulmane

Au moins neuf policiers ont été blessés dans tout le pays en tentant de disperser les foules tandis que 118 personnes ont été arrêtées, selon des sources policières.

De petits groupes islamistes ont manifesté de façon sporadique au Bangladesh depuis l'annonce des projets de loi le 7 mars, considérant que cette initiative du gouvernement allait à l'encontre des préceptes du Coran.

Le Bangladesh, où 90% de la population est musulmane, a un système judiciaire laïc, mais les musulmans continuent de suivre la charia, la loi islamique, pour les questions de propriété et d'héritage. En matière d'héritage par exemple, la charia accorde à l'homme le double de la part de la femme.

Au cours d'un rassemblement public dimanche, le Premier ministre, Mme Sheikh Hasina, a assuré que les projets de loi n'étaient pas dirigés contre le Coran.