Le Kosovo pleure son « père de la nation »

© 20 minutes

— 

Le décès, samedi, du président du Kosovo tombe particulièrement mal. Héraut de la marche vers l’indépendance de cette province serbe, Ibrahim Rugova est mort à 61 ans d’un cancer du poumon, deux mois seulement après l’ouverture des négociations internationales sur le futur statut à accorder à la région – indépendance ou autonomie renforcée. La première réunion formelle des médiateurs de l’ONU sur cette question délicate devait se tenir mercredi à Vienne. La disparition de Rugova bouleverse ce calendrier. L’envoyé spécial de l’ONU dans la province, Martti Ahtisaari, a décidé de la reporter à début février, mais sans fixer de date. Redoutant de nouvelles violences entre Albanais et Serbes, des dirigeants du monde entier ont appelé au calme ce week-end. La mort de Rugova, qui sera enterré jeudi, risque également de peser sur les négociations sur le statut du Kosovo, administré par l’ONU depuis 1999. Les Albanais (90 % de la population) réclament l’indépendance, alors que Belgrade, qui veut son maintien dans la fédération, n’est disposée à reconnaître qu’une large autonomie. De son côté, la communauté internationale oscille. Elle redoute un embrasement en refusant l’indépendance, mais elle craint aussi que les Balkans ne se désagrègent davantage si elle la lui octroie, par un « effet domino » sur les minorités du sud de la Serbie. La suite des négociations dépendra beaucoup du successeur du « père de la nation », devenu une icône politique au Kosovo. Le président du Parlement, Nexhat Daci, assurera l’intérim d’ici là. Faustine Vincent

les chiffres 10 877 km2 La superficie du Kosovo. 1, 8 millions d’habitants, dont 70 % ont moins de 30 ans. 90 % de la population kosovare est albanaise. 60 % Le taux de chômage dans cette région, la plus pauvre de l’ex-Yougoslavie. 8 000 à 10 000 Kosovars sont morts pendant la guerre (1998-1999). 17 000 hommes de la KFOR, force multinationale dirigée par l’Otan, sont présents au Kosovo depuis 1999.