Amnesty critique l’attitude de l’Italie face à l'afflux de migrants à Lampedusa

Reuters

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Amnesty International a fustigé l'Italie ce vendredi pour sa gestion de l'afflux d'immigrés d'Afrique du Nord.

Environ 20.000 immigrés, en majorité tunisiens, sont arrivés ces dernières semaines dans la petite île italienne de Lampedusa à la suite des mouvements de révolte qui ont secoué leur région. Leur transfert ailleurs en Italie s'effectue lentement et sans régularité. Des milliers d'entre eux occupent des tentes de fortune et vivent dans de très mauvaises conditions sanitaires.

16 toilettes chimiques sur l’île

«La crise est due au fait que le gouvernement italien n'a pas réagi convenablement à la situation qui règne ici à Lampedusa», a déclaré Charlotte Phillips, représentante du programme d'Amnesty pour les réfugiés et les migrants, lors d'une conférence de presse. «Des Tunisiens n'ont pas eu droit aux choses les plus élémentaires comme un abri adapté ou un abri tout court, à des conditions sanitaires suffisantes, etc.», a-t-elle ajouté.

L'organisation Médecins sans frontières (MSF) s'est montrée encore plus critique, évoquant la présence de 16 toilettes chimiques pour une population immigrée qui dépasse régulièrement les 5.000 habitants de l'île.

Berlusconi en Tunisie lundi

Les migrants reçoivent 1,5 litre d'eau par personne et par jour, alors que la norme recommandée pour les camps de réfugiés est de 20 litres, écrit-elle dans un communiqué.

Silvio Berlusconi, qui reproche à la Tunisie de ne pas empêcher les migrants de quitter son littoral, fait aussi valoir que l'Italie affronte seule un problème qui devrait être considéré comme une affaire européenne. Le dirigeant italien se rendra lundi en Tunisie avec son ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni. Il a fait clairement comprendre qu'il exigerait que Tunis reçoive les migrants renvoyés d'Italie et s'emploie plus activement à les empêcher de quitter son territoire par la mer.