Côte d'Ivoire: Les forces de Ouattara mènent l'assaut final

PRESIDENCE L'étau se resserre autour du président sortant Gbagbo...

Faustine Vincent

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Les partisans d'Alassane Ouattara étaient aux portes d'Abidjan, la capitale économique ivoirienne, hier soir.
Les partisans d'Alassane Ouattara étaient aux portes d'Abidjan, la capitale économique ivoirienne, hier soir. — L. GNAGO / REUTERS

L'offensive des partisans d'Alassane Ouattara touchait au but jeudi. Après avoir pris mercredi le contrôle de Yamoussoukro, ils se sont emparés du port stratégique de San Pedro, avant d'arriver aux portes d'Abidjan, où siège le gouvernement du président sortant ivoirien, Laurent Gbagbo.

Des tirs d'armes lourdes et de mitrailleuses ont retenti dans la ville, où se sont déployés des militaires français. «Ils sont là pour empêcher des pillages», explique l'état-major français des armées.
Le président sortant, qui refuse depuis des mois d'accepter sa défaite à la présidentielle du 28 novembre, semblait isolé.

L'un de ses généraux, le chef d'état-major de l'armée, Philippe Mangou, a fait défection jeudi et plusieurs autres gradés auraient changé de camp. La veille, l'ONU avait adopté la résolution 1975 imposant de nouvelles sanctions au président sortant.

Guillaume Soro, le Premier ministre du gouvernement formé par Ouattara, a donné jusqu'à 19h (locales) pour que Gbagbo démissionne. Ouattara, reconnu vainqueur de la présidentielle par la communauté internationale, a promis que «l'intégrité physique» du président sortant serait respectée.

Acculé, Gbagbo n'a plus que deux options: fuir ou provoquer un bain de sang. «Les trois-quarts du pays sont sous contrôle des pro-Ouattara. Si Gbagbo est raisonnable, il devra se retirer. Sinon, il sera comptable des massacres», avertit Patrick N'Gouan, président de la Convention de la société civile ivoirienne, un organe national indépendant.

Inquiet, il estime que l'Onuci, la force de l'ONU en Côte d'Ivoire, «doit s'occuper plus sérieusement de la protection des civils. Là elle se contente de constater les dégâts .» Les violences post-électorales ont déjà fait plus de 460 morts, selon les Nations unies, un million de déplacés et plus de 110.000 réfugiés au Liberia voisin.