Bahreïn: 300 personnes arrêtées, des dizaines de disparus

Reuters

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Les arrestations d'opposants et de blogueurs se sont multipliées ces derniers jours à Bahreïn, où plus de 300 personnes ont été placées en détention et plusieurs dizaines d'autres sont portées disparues, a affirmé ce jeudi l'opposition.

Après des semaines de manifestations à Manama, la famille régnante Al Khalifa, de confession sunnite, a décrété la loi martiale, obtenu le soutien des troupes saoudiennes et émiraties et a mis fin le 16 mars au mouvement de contestation de manifestants majoritairement chiites.

«Il n’y a plus aucune sécurité pour les citoyens»

Plus de 60% des Bahreïnis sont de confession chiite et la plupart d'entre eux réclament l'instauration d'une monarchie constitutionnelle. Les appels au renversement de la monarchie formulés par des éléments plus radicaux ont inquiété la minorité sunnite, qui redoute que les troubles profitent à l'Iran.

«Le gouvernement dit qu'il prend des mesures pour défendre la stabilité et la sécurité, mais c'est tout le contraire qui se passe. Nous nous retrouvons dans une situation des plus dangereuses où il n'y a plus aucune sécurité pour les citoyens», a dit Mattar Ibrahim Mattar, membre du parti d'opposition le plus important du pays, le Wefaq. «On arrête les gens, on les enlève aux points de contrôle installés un peu partout», a-t-il ajouté.

De plus en plus de militants d'opposition ont préféré entrer dans la clandestinité pour éviter d'être arrêtés.