Bahreïn: les troubles menaçaient de s'étendre à la région, selon cheikh Khaled Al-Khalifa

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Le chef de la diplomatie bahreïnie, cheikh Khaled Al-Khalifa, a affirmé que les troubles entre sunnites et chiites dans son pays, s'ils n'avaient pas été circonscrits, se seraient étendus à toute la région.

Dans une interview publiée par le quotidien panarabe al-Hayat, cheikh Al-Khalifa a par ailleurs accusé le Hezbollah chiite pro-iranien d'entraîner des opposants chiites bahreïnis au Liban. «Nous voulons assurer au monde qu'il n'y a pas de problème entre le pouvoir et l'opposition, mais un problème confessionnel clair à Bahreïn. La société est divisée», a affirmé le ministre, alors que des manifestants ont affirmé que leur mouvement, dirigé par l'opposition chiite, visait à obtenir des réformes politiques. Il souligné que les tensions entre sunnites et chiites «datent de 1.400 ans, et le problème n'est pas né à Bahreïn». «Il y a une tension confessionnelle partout. On craignait que des affrontements entre sunnites et chiites éclatent à Bahreïn et s'étendent à toute la région», a-t-il encore dit.

La dynastie sunnite des Al-Khalifa en place à Bahreïn a réprimé à la mi-mars un mouvement de contestation animé par l'opposition dominée par les chiites, qui forment la majorité de la population autochtone. Les violences ont fait 24 morts. Le ministre a affirmé que son pays «pensait être un exemple» en matière de coexistence pacifique «mais nous avons aujourd'hui un problème entre sunnites et chiites». Il a contesté le chiffre de 70 pc avancé dans les médias pour la part des chiites dans la population, affirmant qu'il était gonflé tout en refusant de donner son estimation de la répartition confessionnelle.

Le ministre a par ailleurs accusé le Hezbollah chiite libanais «d'avoir entraîné» des opposants bahreïnis au Liban, et affirmé que le discours le 19 mars du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, qui avait appelé les chiites à poursuivre la révolte à Bahreïn, était «la goutte qui a fait déborder le vase». Cheikh Khalifa a cependant assuré que les autorités n'avaient pas l'intention de prendre des «mesures punitives» à l'égard de la communauté libanaise à Bahreïn.