Sarkozy en Chine pour parler monnaies avant une visite de solidarité au Japon

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Le président français Nicolas Sarkozy a entamé mercredi en Chine une tournée asiatique au triple galop qui le conduira jeudi à Nankin (est) pour un séminaire sur le système monétaire puis au Japon pour une visite de "solidarité" trois semaines après la catastrophe du 11 mars.

Arrivé à Pékin en début d'après-midi, le patron en exercice des G8 et G20 a prestement inauguré les bâtiments flambant neufs de la nouvelle ambassade de France dans la capitale chinoise, avant de retrouver son homologue Hu Jintao pour un entretien puis un dîner au Palais du peuple.

Devant les Français de Chine, Nicolas Sarkozy n'a pas lésiné sur les superlatifs pour louer le chemin "exceptionnel" parcouru depuis un demi-siècle par la Chine, "là où bat le coeur du monde du XXIe siècle" et se réjouir de la relation désormais sans nuage entre Paris et Pékin, après la grave brouille née de sa rencontre avec le dalaï lama fin 2008.

Evoquant la "réussite exceptionnelle" des Jeux olympiques de Pékin la même année, il s'est même permis de rappeler, devant le chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi, que la France s'était, à l'inverse d'autres, abstenue d'en boycotter la cérémonie d'ouverture, un sujet encore très sensible en Chine.

Tout à sa démonstration, Nicolas Sarkozy n'a toutefois pas caché que les deux pays n'étaient "pas d'accord sur tout". A commencer par l'opération militaire internationale pilotée par la France et la Grande-Bretagne contre le régime du colonel Kadhafi, qui suscite de sérieuses réserves chinoises.

Outre la Libye, le chef de l'Etat devait également évoquer avec Hu Jintao le dossier délicat de la réforme du système monétaire international, une des priorités de sa présidence du G20 et objet du séminaire de ministres et d'experts qu'il doit ouvrir jeudi matin à Nankin (est).

M. Sarkozy a souhaité mercredi que ce rendez-vous dans l'ancienne capitale impériale chinoise permette de "réfléchir à une réforme ô combien nécessaire du système monétaire international". "Il faut lutter contre (...) l'instabilité monétaire qui risque de réduire à néant les efforts de compétitivité que vous faites les uns et les autres", a-t-il insisté.

Signe des réticences des uns et des autres, l'Elysée a prévenu qu'aucune "décision" ou "conclusion" ne sortirait du séminaire de Nankin. Et la Chine, qui fait figure d'accusée à cause de son yuan largement considéré comme sous-évalué, a elle-même minimisé l'importance de ce rendez-vous, qualifié "d'informel et académique" par l'agence officielle Chine nouvelle.

Sitôt ouvert les travaux des "experts" de Nankin, Nicolas Sarkozy prendra immédiatement la direction de Tokyo, où il a souhaité se rendre alors que les autorités nippones se débattent en pleine catastrophe nucléaire causée par le séisme puis le tsunami gigantesques qui ont ravagé le nord-est du Japon.

Comme il l'a redit mercredi à Pékin, il s'agit pour lui de "porter l'expression de la solidarité de la France à l'endroit de nos amis japonais, qui ont été frappés par une catastrophe considérable et qui ont fait face à cette catastrophe avec dignité et avec courage".

Lors de ce passage de quelques heures, le président français doit rencontrer à Tokyo la communauté française établie au Japon puis s'entretenir avec le Premier ministre nippon Naoto Kan avant de rentrer à Paris.

Ce bref crochet japonais fournira aussi à Nicolas Sarkozy l'occasion de combler un vide de son bilan diplomatique. S'il s'est rendu à cinq reprises en Chine, il n'a, depuis son élection, jamais honoré l'archipel nippon de sa présence, si ce n'est pour le sommet du G8 à Toyako en 2008.