L'avenir politique de la Libye à l'étude

DIPLOMATIE Un sommet s'est tenu mardi à Londres sur le volet politique de la crise libyenne...

Faustine Vincent

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La conférence sur la Libye qui s'est tenue à Londres, hier, a réuni plus de quarante pays.
La conférence sur la Libye qui s'est tenue à Londres, hier, a réuni plus de quarante pays. — A.A. / SIPA

La guerre d'abord, la politique ensuite. Un sommet réunissant plus de quarante pays et organisations – dont le Qatar et un représentant de la Ligue arabe, mais en l'absence remarquée de l'Union africaine – s'est tenu mardi à Londres pour jeter les bases de l'après-Kadhafi. Un groupe de contact a été mis en place pour gérer le volet politique du conflit et coordonner les soutiens aux Libyens. Le Qatar organisera une première réunion dès que possible. La résolution 1973 de l'ONU se borne à la « protection des civils » et Kadhafi semble résolu à ne pas lâcher le pouvoir, malgré le coup d'arrêt porté à son offensive par les bombardements de la coalition. De nombreux participants, dont l'Union européenne et les Etats-Unis, espèrent donc que la voie politique et diplomatique permettra de mettre le dirigeant libyen hors jeu.

« Partir en exil »
Mais, pour ne pas se mettre à dos les pays arabes, ils prennent soin à chaque fois de préciser que c'est aux Libyens de choisir leur avenir. L'Italie a assuré hier que « la meilleure solution pour tout le monde, c'est que Kadhafi accepte de partir en exil ». La France, elle, souhaite que le groupe de contact encourage un processus démocratique « en soutenant le Conseil national de transition [CNT, l'organe de direction de la rébellion] et en favorisant le dialogue entre toutes les composantes de la société civile libyenne », selon le Quai d'Orsay. Paris a déjà dépêché un « envoyé spécial » à Benghazi auprès du CNT, et s'est déclaré prêt à parler avec la coalition de la fourniture éventuelle d'armes aux insurgés. Le CNT, que le Qatar a reconnu après la France comme l'« unique représentant légitime du peuple libyen », s'est engagé pour sa part à organiser des élections libres si Kadhafi quittait le pouvoir. Il exclut tout compromis avec les partisans du régime.