Belgique: la frite, symbole national, pour dénoncer le séparatisme

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Des milliers d'étudiants belges ont exprimé mardi leur ras-le-bol face à la crise politique qui ébranle le pays depuis une durée record, en organisant des rassemblement festifs sur les places de sept villes universitaires, symboliquement rebaptisées "places des frites".

A Bruxelles, un millier de jeunes Flamands et francophones se sont rassemblés sur la place Flagey, un quartier branché de la capitale belge, à l'appel du collectif "Le séparatisme: pas en notre nom", ont constaté des journalistes de l'AFP.

Une grande banderole bilingue français-néerlandais "Place des Frites -- Frietplein-- a été déployée sur la façade d'un immeuble. Rare symbole national à subsister, la frite fait désormais figure de slogan de ralliement des opposants à la partition du pays.

"Pour nous les jeunes, c'est l'occasion de reprendre symboliquement une place, de faire entendre notre voix au monde politique", explique Michael Verbauwhede, l'un des organisateurs de la manifestation.

"On est en train de détruire notre avenir en détruisant la Belgique", ajoute-t-il, expliquant que les étudiants réclament notamment le maintien d'une sécurité sociale nationale, garant de la solidarité entre tous les Belges.

Un manifestant s'est lui déguisé en frite, costume de mousse jaune de forme rectangulaire et chapeau rouge rappelant une grosse goutte de ketchup.

"Je suis venu parce que je pense que préserver l'unité de la Belgique est extrêmement important. Si le pays éclatait, la situation serait pire tant du côté francophone que du côté flamand", dit Simon De Beer.

La bière, autre symbole national, coulait à flot lors du rassemblement au son d'une musique électronique diffusée par de gros haut-parleurs.

Des rassemblements similaires ont été simultanément organisés dans deux villes de Wallonie (sud), Liège et Namur, et dans trois villes flamandes, Anvers, Gand et Louvain.

La date n'avait pas été choisie au hasard. La Belgique a égalé ce mardi le record du monde, jusqu'ici détenu par l'Irak, de la plus longue crise politique.

Les Belges ont en effet élu leurs députés le 13 juin 2010. Depuis lors, les négociations pour la formation d'un nouveau gouvernement se sont enlisées.