Cuba: Jimmy Carter à La Havane pour réchauffer les relations entre les Etats-Unis et Cuba

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L'ancien président américain Jimmy Carter est arrivé lundi à La Havane où il devrait travailler à un réchauffement des relations entre les Etats-Unis et Cuba, très tendues après la récente condamnation d'un Américain à 15 ans de prison pour espionnage.

"Il ne serait pas venu à La Havane s'il n'avait pas un bon espoir d'obtenir du concret", commentait sous couvert d'anonymat un diplomate occidental, en référence à une possible libération de cet Américain de 61 ans, Alan Gross, arrêté en décembre 2009 alors qu'il remettait du matériel de communication par satellite à des opposants.

Accompagné de son épouse Rosalynn, le prix Nobel de la Paix 2002, 86 ans, a été reçu à l'aéroport avec cérémonie par le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez et les ambassadeurs des deux pays. Même si, selon le Centre Carter, il ne s'agit que d'une visite "privée", consacrée à une mission d'information sur les réformes économiques lancées par le gouvernement cubain.

Washington espère toutefois que l'ex-président démocrate (1976-1980), qui s'était déjà rendu à Cuba en 2002 où il avait été reçu par Fidel Castro, va demander la libération d'Alan Gross, sous-traitant du Département d'Etat condamné le 12 mars à 15 ans de prison pour atteinte à la sécurité de l'Etat.

"La Havane ne remettra jamais un condamné à des responsables américains, mais peut décider de libérer, sur une base humanitaire, Alan Gross qui pourrait alors repartir avec Jimmy Carter", estimait le diplomate occidental.

Avant de rencontrer mardi le président Raul Castro, auquel son frère Fidel a laissé le pouvoir en 2006 pour raisons de santé, Jimmy Carter s'est entretenu lundi avec des représentants de la communauté juive de Cuba, puis avec le cardinal Jaime Ortega, le chef de l'église catholique cubaine.

Le cardinal Jaime Ortega a qualifié son entretien de "positif" et Jimmy Carter s'est dit "heureux" du dialogue amorcé entre l'Eglise catholique et les autorités de l'île communiste, a indiqué un communiqué de l'archevêché.

Le cardinal Ortega est un interlocuteur privilégié des autorités cubaines en matière de droits de l'Homme et a obtenu ces derniers mois les libérations de 75 dissidents qui avaient été arrêtés et condamnés à de lourdes peines de prison au printemps 2003.

Par ailleurs, la présidente de la communauté juive cubaine, Adela Dworin, a indiqué que l'affaire Alan Gross n'avait pas été abordée avec Jimmy Carter. "On n'a pas parlé de cela, en réalité, on n'a pas parlé politique, on lui a donné des explications sur la communauté juive à Cuba", a-t-elle dit à la presse.

Selon Washington, Alan Gross devait remettre des équipements de communication à des responsables de la communauté juive de Cuba, forte de quelques milliers de personnes. Certains de ceux-ci ont néanmoins démenti tout contact avec Alan Gross avant son procès début mars.

L'ancien président américain doit donner mercredi une conférence de presse juste avant son départ de Cuba.