Le Japon appelle à l'aide pour maîtriser sa centrale infernale

CATASTROPHE Fuite d'eau radioactive, plutonium dans le sol, incendies, explosions, Fukushima est incontrôlable...

J. M. avec Reuters

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De la fumée noire s'échappe du réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, le 21 mars 2011.
De la fumée noire s'échappe du réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, le 21 mars 2011. — REUTERS/Ho New

Tepco appelle à l’aide. Entretenant les doutes sur sa capacité à reprendre le contrôle de la centrale de Fukushima, l’opérateur a demandé un coup demain aux spécialistes français du nucléaire. Eric Besson a confirmé que EDF, Areva et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) ont été sollicités. «La situation est extrêmement critique et sérieuse. Je vois bien que Tepco n'a pas réussi depuis huit jours à stabiliser la situation», a commenté sur RTL le ministre de l'Industrie.

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En effet, de l'eau hautement radioactive s'échappe désormais du réacteur n°2, du plutonium a été trouvé dans le sol de la centrale et Greenpeace affirme avoir mesuré un taux de radioactivité inquiétant à 40 km de la centrale. Les incendies, les explosions et les fuites radioactives obligent les techniciens de la centrale à interrompre régulièrement leur travail. Seule bonne nouvelle dans ce marasme: l'Agence japonaise de sûreté nucléaire a annoncé que le niveau de radioactivité dans la mer au large de la centrale, qui était 1.850 fois supérieur à la normale dimanche, a fortement baissé.

Situation stabilisée dans deux réacteurs sur six

Nicolas Sarkozy pourrait se rendre sur place dans la semaine, alors que la situation est considérée comme stabilisée dans deux des six réacteurs de Fukushima, mais elle demeure instable dans les quatre autres, d'où se dégage parfois de la vapeur ou de la fumée. «Je pense que, peut-être, la situation est nettement plus grave que nous ne le pensions», a déclaré un expert, Najmedin Meshkati, de l'université de Californie du Sud. Il faudra sans doute, selon lui, des semaines pour stabiliser la situation, et il sera peut-être nécessaire que l'ONU soit de la partie.

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Selon le dernier bilan en date, la catastrophe a fait 10.804 morts confirmés et 16.244 disparus. Près de 250.000 personnes vivent toujours dans des centres d'hébergement. Les dégâts pourraient s'élever à 300 milliards de dollars, ce qui en fait la catastrophe naturelle la plus coûteuse au monde. «C'est regrettable, mais nous n'avons pas de calendrier concret nous permettant, actuellement, de dire dans combien de mois ou d'années» la crise sera terminée, a indiqué ce lundi Sakae Muto, vice-président de Tepco.