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Après le rejet du budget, le Canada se prépare à des élections anticipées

Des élections législatives anticipées pour début mai étaient considérées comme inévitables mercredi au Canada après le rejet par l'opposition du budget présenté par le gouvernement conservateur minoritaire.

Des élections législatives anticipées pour début mai étaient considérées comme inévitables mercredi au Canada après le rejet par l'opposition du budget présenté par le gouvernement conservateur minoritaire.

Le sort du gouvernement de Stephen Harper a été tranché mardi par le chef du Nouveau parti démocratique (NPD, opposition), le social-démocrate Jack Layton.

Pour faire approuver son budget, dont dépendait sa survie, M. Harper avait besoin du soutien d'un parti d'opposition. Seul celui du NPD paraissait possible, les libéraux de Michael Ignatieff et le Bloc Québécois de Gilles Duceppe ayant pratiquement annoncé d'avance leur refus.

Or, le ministre des Finances Jim Flaherty a saupoudré son projet de budget de certaines mesures demandées par le NPD, fournissant théoriquement à M. Layton la possibilité de l'appuyer sans perdre la face auprès de ses électeurs.

Il s'agissait de programmes sociaux en faveur des personnes âgées à revenus modestes et de la rénovation de logements en vue d'économies d'énergie, représentant au total environ un milliard de dollars.

Les sociaux-démocrates ont estimé ces concessions insuffisantes. "Le NPD n'appuiera pas le budget dans sa forme actuelle", a déclaré M. Layton. La recherche d'un éventuel compromis de dernière minute semblait exclue à la lumière des déclarations tant de Jim Flaherty que de Dimitri Soudas, porte-parole du Premier ministre.

Du coup, le budget mort-né a révélé sa face cachée, celle d'une possible machine de guerre électorale. En effet, lu en détail, il révèle une foule de mesures ponctuelles en faveur de différents groupes sociaux, tels par exemple les pompiers volontaires. Lors de la campagne à venir, les conservateurs pourront vanter ces mesures à des publics bien ciblés et accuser l'opposition d'avoir empêché leur mise en oeuvre.

Si la dissolution du parlement paraît désormais inéluctable, plusieurs étapes doivent encore être franchies et leur déroulement peut varier.

Car, parallèlement au rejet du budget, qui équivaut à une motion de défiance, les députés doivent se prononcer aussi sur les accusations d'"outrage au parlement" dont un comité de la Chambre accuse le gouvernement Harper.

Pour l'opposition, majoritaire, il serait bien plus intéressant, sur le plan électoral, de faire tomber le cabinet conservateur sur des comportements jugés condamnables sur le plan éthique que sur un budget dont plusieurs volets peuvent apparaître positifs aux Canadiens.

L'opposition cherchera donc à faire en sorte que cette question d'outrage au parlement soit soumise au vote en priorité, peut-être vendredi, journée en principe réservée aux initiatives provenant de ses rangs.

De son côté, M. Harper, économiste et fier des performances du pays qu'il a dirigé face à la crise, voudrait concentrer le débat électoral sur la croissance et l'emploi.

Tous les partis d'opposition tenaient leurs réunions mercredi pour annoncer officiellement leurs positions, connues d'avance. Si le gouvernement tombe cette semaine, M. Harper devra se rendre samedi matin chez le gouverneur général David Johnston pour lui présenter sa démission et demander la dissolution du parlement.

En sortant de chez le représentant de la Reine, le chef du gouvernement démissionnaire devra annoncer la date du scrutin, le 2 ou le 9 mai.