Centrale de Fukushima: Le risque de catastrophe nucléaire ne peut toujours pas être écarté

JAPON Les efforts des employés pour rétablir le système de refroidissement des réacteurs sont mis à mal par plusieurs facteurs...

C. F. avec Reuters

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De la fumée noire s'échappe du réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, le 21 mars 2011.
De la fumée noire s'échappe du réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, le 21 mars 2011. — REUTERS/Ho New

Douze jours après le séisme et le tsunami qui ont frappé le Japon, la situation est toujours très critique à la centrale nucléaire de Fukushima.

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Les six réacteurs sont désormais reliés par des câbles au réseau électrique mais seule la pompe de refroidissement du réacteur n°5 a été relancée jusqu'à présent.

Débris, eau projetée et radiations

Des centaines d'employés de Tokyo Electric Power, l'opérateur de la centrale, s'efforcent de rétablir le courant pour remettre en route les autres pompes de refroidissement et empêcher une surchauffe du coeur des réacteurs. Mais les travaux en cours sont  perturbés par divers incidents.

Deux techniciens ont ainsi été blessés mercredi alors qu'ils tentaient de rétablir l'électricité dans le réacteur n°1.

Par ailleurs, les débris, l'eau projetée sur le site et les pics de radiation entravent leurs efforts en permanence.

500 millisieverts par heure

Les techniciens qui s'efforcent de réparer le réacteur n°2 ont ainsi dû interrompre leurs travaux mercredi en raison d'un niveau de radiation atteignant  500 millisieverts par heure.

De  la fumée continue par ailleurs chaque jour, de façon ponctuelle, de s'élever au-dessus de la centrale. Ce mercredi, de la fumée noire est brièvement sortie mercredi du réacteur n°3, provoquant l'évacuation temporaire des ouvriers.

Le coeur des réacteurs pourrait fondre

Malgré tout, le gouvernement japonais a jugé qu'il n'était pas nécessaire d'élargir pour le moment la zone d'exclusion autour de la centrale, établie dans un rayon de 20 km. L'Agence de sûreté nucléaire a fait état d'une radioactivité de 283,7 microsieverts après que la fumée a été vue, contre 435 microsieverts deux heures plus tôt.

Si les employés ne parviennent pas à enrayer la surchauffe des réacteurs, le coeur pourrait fondre. Les pastilles d’uranium s’accumuleraient alors au fond de la cuve, formant un corium, sorte de grosse boule de métal en fusion à 3.000°C, expliquait Roland Desbordes, expert de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), à 20minutes.fr. Ce corium pourrait alors transpercer la cuve, puis la dalle de béton en dessous de la centrale, et enfin la roche et la terre.

Le risque d’une catastrophe nucléaire au Japon est donc loin d’être écarté pour l’instant.