Pourquoi le «Charles-de-Gaulle» est aussi important dans le dispositif militaire de la coalition

PORTRAIT Alors que le porte-avions français à propulsion nucléaire est arrivé au large des côtes libyennes lundi soir et que son groupe aérien a conduit ce mardi une première mission...

Bérénice Dubuc

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Le porte-avions français «Charles-de-Gaulle» quitte son port d'attache de Toulon, le 20 mars 2011.
Le porte-avions français «Charles-de-Gaulle» quitte son port d'attache de Toulon, le 20 mars 2011. — AP Photo/Sipa/ Francois Mori

Le porte-avions «Charles-de-Gaulle», qui a appareillé dimanche de Toulon, est arrivé au large des côtes libyennes lundi soir, et est pleinement opérationnel depuis ce mardi: ses avions de chasse ont commencé à participer aux missions de combat (bombardement, interception ou reconnaissance). Avec l’arrivée du porte-avions nucléaire et de son groupe aéronaval, la force de frappe française est pratiquement doublée. 20minutes.fr fait le portrait de ce géant des mers.

Fiche signalétique

Le «Charles-de-Gaulle» est le premier bâtiment de surface français à propulsion nucléaire et le plus gros navire de guerre militaire européen. Sa construction a débuté en 1987, et il a été mis au service actif le 18 mai 2001. Son port d’attache est Toulon. Le porte-avions  mesure 261,5 m de long, 64,36 m de large et 75 m de haut (soit un immeuble de 25 étages) pour un déplacement de 42.000 tonnes. La surface du pont d'envol atteint les 12.000 m2. Il peut transporter près de 2.000 marins, avec un supplément de 800 militaires en transport de troupes, sans oublier la vingtaine d’appareils de son «groupe aérien».  Il croise à 20 noeuds (37 km/h) et grâce à sa propulsion nucléaire, soutient deux fois 60 jours d’opérations en parfaite autonomie, avec  un seul pétrolier ravitailleur.

Il ne se déplace pas sans son groupe aéronaval, qui compte quatre frégates (la frégate anti-sous-marine «Dupleix», la frégate furtive «Aconit», les frégates antiaériennes «Jean Bart» et «Forbin»), le pétrolier ravitailleur «la Meuse», et peut-être un sous-marin d’attaque pour sa protection rapprochée.

Armement

A son bord, le «Charles-de-Gaulle» transporte une quinzaine d'avions de combat (huit Rafale marine qui disposent de missiles anti-navires Exocet AM 39, et six Super Etendard modernisés), de deux avions de guet (deux Hawkeye),  deux hélicoptères Dauphin de secours en mer, deux hélicoptères Caracal et un Puma spécialisés dans la recherche et le sauvetage au combat.

Les deux  catapultes du porte-avions propulsent en 75 mètres un appareil pesant 20 tonnes à une vitesse de 150 nœuds (environ 275 km/h), et ses armes peuvent avoir un impact à plus de 700 milles nautiques (près de 1.300 km) de la plate-forme.

Missions précédentes

Mis au service actif en mai 2001, le «Charles-de-Gaulle», a principalement participé à la riposte alliée en Afghanistan après les attentats du 11-Septembre. Entre décembre 2001 et juillet 2002, il a participé à la mission Héraclès. Intégré dans une force internationale à côté des groupes navals américains de l’USS Theodore Roosevelt et du Giuseppe Garibaldi italien, ses avions de chasse ont effectué plusieurs missions de combat en soutien aux troupes françaises et étrangères de la coalition engagée en Afghanistan. Le porte-avions est rentré le 22 février dernier de quatre mois de mission en mer d’Oman.