Obama souhaite un nouveau partenariat avec l'Amérique latine

Reuters
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En visite au Chili, le président Barack Obama a souhaité lundi inaugurer une «nouvelle ère de partenariat» avec l'Amérique latine, après avoir reconnu que les relations entre Washington et le sous-continent avaient été parfois «très difficiles».

Dans le palais de la Moneda où Salvador Allende trouva la mort lors du coup d'Etat de 1973, le président américain a salué, lors d'une conférence de presse avec son homologue Sebastian Pinera, la transition au Chili après la dictature du général Pinochet, soutenu à l'époque par les Etats-Unis. Il a estimé que cette démocratisation sans heurts pourrait servir de modèle aux pays arabes en lutte contre des régimes autocratiques.

Le chef de la Maison blanche a admis que les relations entre Washington et l'Amérique latine avaient parfois été «très chaotiques et très difficiles» mais estimé qu'il ne fallait pas rester «prisonniers» de l'histoire. Les Etats-Unis ont soutenu plusieurs dictatures de droite en Amérique latine pendant la guerre froide. Revenant sur le terrain économique, Barack Obama a déclaré que la région, où la Chine a renforcé son implantation ces dernières années, était plus importante que jamais pour la prospérité des Etats-Unis.

Pas de moyens précis

Il n'a toutefois pas annoncé de grande initiative et n'a pas précisé par quels moyens il comptait renforcer ce partenariat qu'il a appelé de ses voeux. Le président américain a cité le commerce, les énergies propres, la sécurité et la lutte contre la drogue comme domaines où la coopération pourrait s'améliorer. «Il n'y a pas de partenaires supérieurs ou inférieurs, il n'y a que des partenaires équitables», a ajouté Barack Obama, venu chercher des nouveaux débouchés pour l'économie américaine durement frappée par la crise de 2008.

Saluant la réussite économique du Chili, Barack Obama a promis la coopération des Américains dans l'enquête sur les crimes commis pendant la dictature de Pinochet. Il a esquivé une question sur un éventuel pardon des Etats-Unis pour le soutien américain au coup d'Etat de 1973. Obama a épinglé des «idéologies de la banqueroute» auxquels s'accrocheraient toujours des dirigeants de la région et appelé Cuba à respecter les droits de l'homme. Il n'a pas fait d'allusion directe au président vénézuélien Hugo Chavez, farouche opposant de l'influence américaine dans la région.

Sebastian Pinera s'est félicité de l'appel d'Obama à fonder une nouvelle alliance, mais il a noté que le Panama et la Colombie attendaient toujours la conclusion d'accords de libre-échange promis de longue date par Washington. Barack Obama a entamé sa visite de cinq jours en Amérique latine par le Brésil, où il a signé une série d'accords sur le commerce et l'énergie. Il est attendu mardi au Salvador, dernière étape de sa tournée avant son retour mercredi à Washington.