Revivez les événements de mardi en Libye en direct: Mort d'un chef militaire pro-Kadhafi près de Tripoli

Reuters

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Un avion de chasse abattu au-dessus de Benghazi, en Libye, le 19 mars 2011.
Un avion de chasse abattu au-dessus de Benghazi, en Libye, le 19 mars 2011. — AFP PHOTO/PATRICK BAZ

Pour la troisième nuit consécutive, les batteries antiaériennes libyennes sont entrées en action ce mardi à Tripoli, mais le commandant américain de l'opération internationale en Libye a laissé entendre que le rythme des raids pourrait bientôt ralentir. La télévision libyenne a déclaré que plusieurs sites avaient été visés dans la capitale.

Les insurgés, repoussés jusqu'à leur fief de Benghazi, dans l'Est, avant l'intervention des aviations et marines occidentales, ont de nouveau progressé vers Ajdabia, une ville plus à l'ouest. Mais l'armée rebelle n'a guère profité de la campagne de frappes, ce qui fait craindre à certains un enlisement, sur lequel tablerait Kadhafi.

Aucune action spécifique pour renverser Kadhafi

Les Etats-Unis, redoutant d'être attirés dans un nouveau conflit qui s'ajouterait aux guerres d'Irak et d'Afghanistan, ont souligné qu'aucune action spécifique ne serait entreprise pour renverser le colonel libyen. «A moins que quelque chose d'inhabituel ou d'inattendu survienne, nous pourrions observer une diminution de la fréquence des attaques», a déclaré le général Carter Ham, qui dirige actuellement les opérations depuis le centre de commandement américain Afrique (Africom) à Stuttgart.

Le président Barack Obama, questionné sur l'intervention lors d'une visite au Chili, a pour sa part assuré que les Etats-Unis cèderaient rapidement ce commandement. «C'est une question de jours, pas de semaines», a-t-il dit alors que les républicains expriment de plus en plus ouvertement leurs critiques contre l'opération. Le chef de la Maison blanche n'a pas dit qui prendrait alors le relais, même si la France et la Grande-Bretagne ont joué un rôle de premier plan dans l'intervention.

L'opération placée sous la responsabilité de l'Otan?

Selon le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, la Ligue arabe ne souhaite pas que l'opération soit placée sous la responsabilité de l'Otan, ce qu'espèrent au contraire des pays comme le Canada ou l'Italie, qui participent également à l'intervention. La coalition n'a pas confirmé de nouvelles frappes sur Tripoli, où des tirs de la DCA et des explosions ont retenti durant la nuit. A Paris, le ministère de la Défense a déclaré qu'une vingtaine d'appareils de l'armée de l'air étaient intervenus dans la journée de lundi.

La chaîne Al Djazira rapporte que des radars ont été visés sur deux sites de défense antiaérienne à l'est de Benghazi. Dans l'Ouest, les habitants des villes assiégées de Misrata et Zintan ont dit avoir été attaqués par les forces loyalistes. L'armée libyenne a même annoncé que Misrata, 200 km à l'est de Tripoli, avait été reprise par les forces loyalistes. Deux témoins ont parlé de bombardements intenses sur Zintan. Plusieurs maisons et le minaret d'une mosquée ont été détruits.

Morts civils?

«Il y a une quarantaine de chars au pied des montagnes proches de Zintan», a déclaré un habitant, Abdoulrahmane Daw, sans que ces informations puissent être vérifiées. Le gouvernement libyen a affirmé de son côté que la première vague de raids, dans la nuit de samedi à dimanche, avait fait 64 morts et des dizaines de blessés parmi les civils.

Sur le terrain, les insurgés ont souhaité la poursuite des frappes aériennes et assurent coordonner leur action avec les puissances occidentales, ce qu'a démenti le général Carter Ham. «Si nous n'obtenons pas une aide supplémentaire de l'Occident, les forces de Kadhafi vont nous dévorer vivants», a déclaré un combattant insurgé, Nouh Mousmari. Les pays engagés dans la coalition insistent pour dire qu'ils ne fournissent pas de soutien aérien rapproché aux rebelles ou cherchent à détruire l'armée libyenne, mais s'en tiennent à la protection des populations civiles prévue par la résolution 1973.

La Libye différente de l'Irak

Devant le parlement, le Premier ministre britannique David Cameron a tenu à distinguer l'opération libyenne de la guerre d'Irak, qui avait plombé la popularité de Tony Blair. «Il s'agit de protéger la population et de donner au peuple libyen une chance de se forger son propre destin», a-t-il dit. Selon un sondage publié lundi, un tiers seulement des Britanniques approuvent l'action en Libye.

Alain Juppé a de son côté espéré que le régime s'effondre de lui-même. «Il est tout à fait probable que devant la fragilisation du régime, il se fissure de l'intérieur», a-t-il déclaré lors d'une réunion des chefs de la diplomatie des Vingt-Sept à Bruxelles qui a confirmé la division des Européens face à l'intervention. Dimanche, s'exprimant à la télévision libyenne, Mouammar Kadhafi avait promis une «longue guerre» à ses ennemis.