Avertissement pour les conservateurs allemands dans un scrutin régional

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Les conservateurs allemands d'Angela Merkel ont réussi dimanche à conserver la 1ère place dans l'Etat régional de Saxe-Anhalt mais ont accusé cependant un fort recul lors du scrutin tandis que les Verts doublaient leur score après la catastrophe nucléaire au Japon.

Ces élections sont de mauvais augure pour les conservateurs, une semaine avant l'élection cruciale dans le Bade-Wurtemberg, où ils risquent de perdre le pouvoir après 58 ans aux commandes.

L'Union chrétienne-démocrate (CDU) reste la première force politique dans cette région déshéritée de l'ancienne RDA, et en mesure de reconduire la coalition qu'elle y forme avec les sociaux-démocrates (SPD) depuis 2006.

Mais la CDU, qui a déjà perdu en février Hambourg, la deuxième ville du pays, n'a recueilli que 32,7% des voix, soit une baisse de 3,5 points par rapport aux dernières élections, selon des estimations des chaînes de télévision publiques.

Le parti de la gauche radicale, Die Linke, a recueilli 23,8% tandis que les sociaux-démocrates (SPD/opposition au niveau fédéral) ont remporté 21,5% des suffrages.

La CDU et le SPD, qui gouvernaient ensemble la Saxe-Anhalt depuis 2006, pourraient reconduire leur alliance, le SPD excluant une alliance avec Die Linke dont il serait le partenaire minoritaire.

Les Verts, qui ont le vent en poupe, entrent au parlement régional de Magdebourg pour la première fois depuis 13 ans avec 7% des voix. Ils ont plus que doublé leur score de 2006 bien que le Land n'ait pas de centrale nucléaire.

Le mouvement antinucléaire est à son apogée en Allemagne depuis la catastrophe dans la centrale de Fukushima.

La co-présidente des verts, Claudia Roth a affirmé que "ce beau résultat" montrait que "les gens, en particulier depuis la tragédie au Japon, veulent savoir à quoi ressemble une politique énergétique responsable".

Les néonazis du NPD, présents dans deux parlements régionaux, n'ont pas réussi à franchir la barre des 5% nécessaires pour sièger à l'assemblée, contrairement à ce que laissaient redouter les sondages.

Les Libéraux du FDP, partenaires de Mme Merkel au niveau fédéral, n'ont pas non plus franchi cette barre et perdent leurs sièges au parlement régional.

Ce scrutin dans ce Land fortement touché par le chômage et à l'électorat volatile est le deuxième d'un marathon de sept élections régionales cette année.

Il a suscité peu d'intérêt dans le pays jusqu'à ce que la catastrophe nucléaire au Japon et la marche arrière de la droite sur le nucléaire lui donnent subitement une valeur de test pour la chancelière.

Après le drame de Fukushima, le gouvernement fédéral a en effet suspendu pour au moins trois mois la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires qu'il venait de décider à l'automne dernier.

Seuls neuf réacteurs sur les dix-sept que compte l'Allemagne tournent encore à la suite à cette décision. Dans un pays très hostile à l'atome, la décision d'Angela Merkel a été accueillie comme une manoeuvre électorale peu convaincante, selon les sondages.

"Merkel a joué risqué et rien n'indique pour le moment qu'elle en sortira vainqueur. Son revirement a été trop abrupt et pas assez préparé", écrivait dimanche l'influent magazine Der Spiegel.

Tous les regards se tournent vers le Sud-Ouest où deux Etats régionaux qui abritent des centrales nucléaires, la Rhénanie-Palatinat et surtout le Bade-Wurtemberg, voteront dimanche prochain. La CDU est menacée de perdre ce Land riche et prospère, ce qui constituerait un revers cuisant.

Les Verts, déjà bien implantés dans le Bade-Wurtemberg et crédités de 25% des intentions de vote, pourraient même revendiquer le poste de dirigeant du Land, une première dans l'histoire de la République fédérale, s'ils terminent devant leurs alliés sociaux-démocrates.