Liban: des milliers de manifestants réclament la fin du régime confessionnel

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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Beyrouth pour réclamer "la chute du régime confessionnel et de ses symboles" au Liban.

Les manifestants ont défilé pendant trois heures de la place Sassine (est) au ministère de l'Intérieur (ouest) scandant "révolution, révolution contre le confessionnalisme" ou "le peuple veut la chute du régime".

"La laïcité est la solution", pouvait-on lire sur une grande banderole déployée lors de la manifestation, organisée à l'appel de la campagne pour "la chute du régime confessionnel au Liban" lancée, selon leur communiqué, par les "forces et groupes de jeunes et de militants et militantes".

Dans l'appel à manifester signé "citoyens et citoyennes", les organisateurs "appellent à faire tomber ce régime confessionnel et ses symboles".

"Libanais, laïcs, contre les symboles du confessionnalisme" ou "je ne veux pas changer de patrie, je veux changer de régime", scandaient les manifestants.

C'est "une patrie, pas une ferme" ou "pour une loi d'état civil", pouvait-on lire sur les pancartes.

Le système libanais est un mélange complexe de partage du pouvoir basé sur des quotas communautaires et sur une tradition de "démocratie consensuelle". Depuis l'indépendance en 1943, il garantit un équilibre délicat entre les 18 confessions chrétiennes et musulmanes du pays.

Ainsi, le président doit être un chrétien maronite, le Premier ministre un sunnite, le président du Parlement un chiite, etc.

"Nous ne voulons pas que la religion se mêle à la politique, nous voulons la séparation de la religion et de l'Etat", a expliqué à l'AFP une manifestante, Imane Anane, metteur en scène de 38 ans.

"La mentalité confessionnelle a affecté ma vie tout entière. Professionnellement, certaines institutions considérées comme favorisant une communauté en particulier ont refusé de m'engager parce que je suis d'une autre confession. Socialement, il m'est arrivé d'être exclue d'un certain milieu du fait que j'appartiens à un autre milieu confessionnel", a-t-elle ajouté.

Les organisateurs ont installé une tente depuis plusieurs semaines devant le ministère de l'Intérieur.

"Le confessionnalisme a fait des Libanais des gens fanatiques et renfermés et a créé des zones géographiques confessionnelles et une loyauté au chef de la communauté", souligne Elia Faraj, 22 ans.

Inspirés des mouvements populaires qui ont fait tomber les présidents tunisien et égyptien et vaciller plusieurs autres régimes arabes, des Libanais ont créé des groupes sur Facebook pour réclamer la fin du système confessionnel.

Une première manifestation a eu lieu le 27 février et la deuxième le 6 mars, le nombre de manifestants n'a cessé d'augmenter.