Nicolas Sarkozy à Paris, le 18 mars 2011
Nicolas Sarkozy à Paris, le 18 mars 2011 — AFP PHOTO / POOL / CHARLES PLATIAU

REVUE DE PRESSE

Libye: Sarkozy salué, avec quelques bémols dans la presse

Le président français a beaucoup pesé dans l'adoption d'une résolution sur la Libye à l'Onu...

Le vote du Conseil de sécurité de l'Onu sur la Libye, arraché jeudi soir par la diplomatie française à New York, vaut samedi quelques coups de chapeau à Nicolas Sarkozy de la part des éditorialistes français qui s'inquiètent néanmoins de «la logique de guerre» qui s'est enclenchée.

«Un coup de maître»

«Dans ce jeu subtil qui se joue sur plusieurs échiquiers, la France vient de réussir un coup de maître», salue Vincent Giret dans Libération, soulignant que «Dans un monde multipolaire, ce n’est plus la puissance qui fait le rang, mais l’influence et la capacité d’alliance».

«Il reste que Sarkozy le Libyen engrange un succès diplomatique qui ne fera pas de mal à l'image de la France. Et, pourquoi pas, à celle du Président candidat», pronostique Henry Lauret du Télégramme.

Hommage appuyé aussi dans Sud Ouest (Yves Harté) au patron du Quai d'Orsay Alain Juppé, par ailleurs maire de Bordeaux: «Ce qui s’est passé dans la nuit de jeudi à New York restera comme un moment diplomatique historique. Toute l’habileté du ministre français des Affaires étrangères a été de faire valoir qu’il pouvait exister une solution inédite. Ni guerre au sol».

Un bon coup politique pour Nicolas Sarkozy

Matthieu Verrier (La Voix du Nord) relève aussi que «l'activisme du chef de l'État a été applaudi jusqu'à gauche. Nicolas Sarkozy est peut-être enfin parvenu à 'représidentialiser' son image»

Mais Xavier Panon, dans le Journal La Montagne, brocarde «le chef d'escadrille» Nicolas Sarkozy: «La Libye offre une nouvelle crise à son quinquennat toujours bondissant. Le voilà à la tête d’une escadrille de libération!»

Plusieurs éditorialistes estiment que "l'honneur" de la communauté internationale a été sauvé par ce vote qui autorise les frappes sur la Libye pour protéger les insurgés, comme Pierre Bastien (La Marseillaise), François Régis Hutin (Ouest-France), Jean Levallois (La Presse de la Manche) ou Jean-Claude Souléry (La Dépêche du Midi).

Attention aux bluffs

Mais Le Monde, dans son éditorial, juge «affligeant» que la «famille occidentale» - en l'espèce, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne - soit en première ligne dans le vote de jeudi soir. «Le monde 'émergent' n'est pas au rendez-vous», déplore le quotidien du soir.

De nombreux journaux, comme les Dernières Nouvelles d'Alsace, mettent en garde contre les «bluffs» de Kadhafi et les risques d'une guerre.

Ainsi Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées, cite un ancien chef d'un service français de renseignement pour qui Kadhafi «peut faire des choses complètement débiles: dans sa folie, il faut s'attendre à tout», comme «envoyer un avion bombarder un bateau de croisière qui croise au large de la Libye».

Dans le Courrier Picard, Daniel Muraz rappelle «que s'est engagée, désormais, une logique de guerre avec le régime kadhafiste. Un engrenage toujours risqué». «Drôle de guerre et drôles de casse-têtes en perspective», estime Jacques Guyon (Charente Libre).

Quant à Philippe Waucampt (Républicain Lorrain), il assure que «stopper militairement Kadhafi n'a rien d'insurmontable. C'est la suite qui pose problème.»