Libye: Le point sur le vote de la résolution 1973 de l'ONU

MONDE «Toutes les mesures nécessaires» vont être établies pour protéger les populations civiles...

C.C. avec Reuters

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J.RINALDI / REUTERS

Les Nations unies ont autorisé, jeudi soir à New York, le recours à la force contre l'armée de Mouammar Kadhafi, ouvrant la voie à des frappes aériennes en Libye. Selon une source diplomatique française, des opérations militaires pourraient être lancées «en quelques heures» maintenant que la résolution est votée. Alors qu’en début de semaine les négociations semblaient bloquées à l’ONU, comment expliquer que la communauté internationale accélère, et que permet concrètement cette résolution. 20minutes.fr fait le point sur la résolution capitale votée par les Nations unies.

Comment s’est déroulé le vote?
La résolution, parrainée par la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Liban, a été adoptée par dix voix sur quinze. Il y a eu cinq abstentions dont celle de l’Allemagne, de la Chine, et de la Russie. Ces deux derniers pays, membres permanents du Conseil, n’ont pas posé leur veto.

Pourquoi la résolution a-t-elle fini par être votée?
Il semble que ce soit l’appel de la Ligue arabe qui ait fait pencher la balance plus que le forcing franco-britannique. Réticente dans un premier temps, l'administration américaine a fini par apporter son soutien après la demande formulée par les pays arabes, ont souligné des diplomates. La Chine a également clairement indiqué avoir renoncé à bloquer la résolution du fait de la position de la Ligue arabe et de l’Union africaine.

Quelles sont les réserves des abstentionnistes?
Pour la Chine, qui a de «sérieuses réserves» sur certaines dispositions de la résolution et s’est toujours opposé au recours à la force dans les relations internationales, le conseil de sécurité doit chercher «à résoudre la crise en cours en Libye par la négociation et par d'autres moyens pacifiques», a déclaré un porte-parole chinois. Comme la Russie, la Chine a jugé insuffisantes les explications fournies par les promoteurs de la résolution, notamment en ce qui concerne les règles du recours à la force et les moyens à mettre en oeuvre pour instaurer une zone d'exclusion aérienne. De son côté, l'Allemagne a réitéré son opposition à toute intervention militaire, estimant qu'elle constituerait «un risque et un danger considérables.»

Que prévoit la résolution 1973?
Outre l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne, le Conseil a également autorisé «toutes les mesures nécessaires» - ce qui veut dire en langage diplomatique des actions militaires - pour assurer la protection des populations civiles face à l'armée de Kadhafi. Le texte prévoit également un renforcement des sanctions existantes: embargo sur les armes, gel des avoirs du dirigeant libyen et de ses proches, ouverture d'une procédure devant la Cour pénale internationale (CPI) contre les responsables de crimes contre l'humanité.

Qui va mener l’intervention?
Ces opérations pourraient notamment être menées par la France, le Royaume-Uni, et les Etats-Unis, mais pas dans l’immédiat. Lors d'un entretien téléphonique dans la nuit de jeudi à vendredi, le président américain Barack Obama, le Premier ministre britannique David Cameron et le chef de l'Etat français se sont mis d'accord pour se «coordonner étroitement dans les prochaines étapes» et «continuer à travailler avec les partenaires arabes et les autres partenaires internationaux.» L’Italie devrait laisser ses bases militaires, les plus proches de la Libye, à disposition. D’autres pays comme le Canada ou la Norvège, ainsi que des pays arabes (Qatar, Emirats arabes unis, Egypte), pourraient également fournir une aide militaire ou logistique.