Libye: le projet de résolution de l'Onu prévoit une zone d'exclusion aérienne

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Les Etats membres du Conseil de sécurité de l'ONU pourront "prendre toutes les mesures nécessaires" pour protéger les civils, selon le projet de résolution que le Conseil doit voter jeudi, et une "interdiction de tous les vols" au-dessus de la Libye est prévue.

Les quinze Etats membres du Conseil de sécurité de l'ONU doivent enfin voter un projet de résolution musclé qui prévoit des mesures militaires pour protéger les civils, à l'exception d'une occupation du territoire libyen.

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, est attendu sur place dans l'après-midi pour obtenir le vote d'une résolution qui permettra de recourir à la force contre les troupes de Mouammar Kadhafi, a annoncé son ministère.

"Compte tenu de l'urgence dans laquelle se trouve la population libyenne, notamment à Benghazi, Alain Juppé a décidé de se rendre à New York afin d'obtenir, le plus rapidement possible, le vote de cette résolution" proposée par la France, la Grande-Bretagne et le Liban, selon un communiqué du Quai d'Orsay.

Les Etats-Unis veulent obtenir "rapidement" une "résolution de poids" du Conseil de sécurité pour changer la situation en Libye, a dit jeudi un haut responsable du département d'Etat.

"Nous travaillons dur pour essayer d'obtenir une résolution de poids, et pour la rédiger rapidement étant donné l'enchaînement des faits sur le terrain", a affirmé au Sénat américain William Burns, directeur politique du département d'Etat.

Le nouveau projet de résolution prévoit "toutes les mesures nécessaires" pour protéger les civils, sauf une force d'occupation du pays, a indiqué jeudi un diplomate à l'ONU.

"L'arrêt des violences contre les populations est un enjeu prioritaire pour la France", a souligné le ministère français des Affaires étrangères. Le projet de résolution "élargit le champ des sanctions et ouvre la voie à une utilisation des moyens nécessaires pour stopper l'offensive de Kadhafi", précise un communiqué.

Le vote est attendu alors que les troupes du dirigeant libyen progressent rapidement vers Benghazi, fief de la rébellion situé à près de 1.000 km à l'est de Tripoli.

Le Conseil de sécurité compte 15 membres dont cinq permanents (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine) ayant un droit de veto. Il faut une majorité de neuf voix pour l'adoption d'une résolution.

Jusqu'à présent, la Chine et la Russie étaient opposées ou réticentes à l'égard d'un recours à la force contre les troupes de Mouammar Kadhafi. L'Allemagne, l'Inde, l'Afrique du Sud, membres non permanents, ont aussi exprimé des réserves.

Le chef de l'armée de l'Air américaine, le général Norton Schwartz, a indiqué à des élus américains qu'imposer une zone d'exclusion aérienne "ne serait pas suffisant" pour arrêter l'offensive des forces de M. Kadhafi.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a dit lors d'un déplacement à Tunis que les Etats-Unis "étudieront une large base de participation" aux mesures prises, "y compris des pays arabes".

Mercredi soir, à l'issue de discussions marathon, des diplomates avaient indiqué que le projet de résolution prévoirait une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, pour interdire à l'aviation du colonel Kadhafi de pilonner ses opposants.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, a estimé que le Conseil de sécurité devrait peut-être envisager des mesures allant au-delà d'une simple zone d'exclusion aérienne.

La Grande-Bretagne a salué un "changement significatif" de la position américaine et souligné qu'il était "impératif que quelque chose soit fait" dès jeudi à l'ONU.

Le président français Nicolas Sarkozy a appelé mercredi "solennellement" les membres du Conseil de sécurité à "soutenir" l'appel de la Ligue arabe en faveur d'une zone d'exclusion aérienne, dans une lettre adressée à leurs dirigeants.