Catastrophe nucléaire au Japon: Une employée de la centrale témoigne

JAPON Elle rend hommage à ses collègues toujours présents sur le site pour réparer les réacteurs endommagés...

Corentin Chauvel

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KYODO / REUTERS

Malgré les précautions prises par la Tokyo Electric Power (Tepco), une employée de l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima a raconté sa version de la situation sur place sur un réseau social, rapporte ce jeudi le quotidien de Singapour The Straits Times.

Michiko Otsuki s’est exprimée mardi sur Mixi (équivalent japonais de Facebook), après avoir été évacuée du site lundi, désirant parler au nom de ses 180 collègues «sacrifiés» qui travaillent encore au sein de la centrale nucléaire afin d’en refroidir les réacteurs. 

«S’il vous plaît, arrêtez de nous attaquer»

«Des gens critiquent Tepco, mais du personnel a refusé de s’enfuir et continue de travailler au péril de leur vie. S’il vous plaît, arrêtez de nous attaquer», clame-t-elle. Employée sur le réacteur numéro 2, Michiko Otsuki explique qu’une fois le tsunami passé, elle est restée sur place jusqu’à son évacuation lundi.

«On a continué à travailler pour réparer les réacteurs de là où on était, face à la mer, conscients que cela pouvait nous conduire à une mort certaine», poursuit-elle. «La machine qui refroidit le réacteur est en bordure de l’océan et a été détruite par le tsunami. Tout le monde a travaillé désespérément pour essayer de le faire fonctionner à nouveau malgré la fatigue et le ventre vide», ajoute Michiko Otsuki.

«Chaque employé de la centrale se bat actuellement sans fuir»

L’employée ajoute: «Il y en a beaucoup qui n’ont pas de nouvelles de leur famille, mais ils affrontent la situation actuelle et travaillent dur». «Rappelez-vous de cela s’il vous plaît. Je veux que ce message atteigne tout le monde. Chaque employé de la centrale se bat actuellement sans fuir», dit encore Michiko Otsuki.

L’ingénieure s’adresse également aux personnes vivant autour du site, s’excusant profondément pour les conséquences du sinistre sur la centrale de Fukushima qui a pu les inquiéter. «Je vous écris en mon nom, sachant que je vais être attaquée à cause de cela. Il y a des gens qui travaillent pour vous protéger, et qui risquent leur vie pour cela», insiste Michiko Otsuki.

«J’espère retourner à la centrale et travailler pour réparer le réacteur»

«Quand je vois mes collègues qui jouent leur vie sans arrière-pensée, je suis fière de travailler pour Tepco et d’être membre de l’équipe du réacteur numéro 2. J’espère retourner à la centrale et travailler pour réparer le réacteur», conclut l’employée.

Mais son post a été supprimé depuis mardi, remplacé par un mot d’excuse: «Je suis vraiment désolé, mais j’ai fermé ce post parce qu’il a été utilisé à mauvais escient, notamment pour répandre la peur parmi la population». «Je prie du fond de mon cœur pour la protection de vos êtres chers. Je suis désolé que les choses se soient passées ainsi», termine Michiko Otsuki.