Yémen: 20 manifestants blessés dans des heurts avec des partisans du régime

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Au moins 20 manifestants ont été blessés jeudi lors de heurts avec des partisans du président Ali Abdallah Saleh, soutenus par la police, à Sanaa et au sud de la capitale, selon des sources médicales et des témoins.

L'opposition a par ailleurs appelé à des manifestations massives à travers le pays vendredi, a indiqué un communiqué.

A Taëz, à 270 km au sud-ouest de Sanaa, au moins 15 personnes ont été blessées dans des affrontements avec les forces de police et des partisans du parti au pouvoir, le Congrès populaire général (CPG) du président Saleh.

Les partisans du président yéménite se sont attaqués avec des bâtons et des pierres à des milliers de personnes qui réclamaient le départ du président, ont indiqué des témoins.

La police est intervenue en lançant des gaz lacrymogènes sur les manifestants et 200 d'entre eux souffraient de problèmes de respiration.

A Sanaa, cinq personnes ont été blessées à l'aube lorsque des partisans du régime se sont attaqués à un un sit-in réclamant la chute du président yéménite, ont affirmé des témoins à l'AFP.

Selon ces témoins et des manifestants, des partisans du pouvoir ont tiré des coups de feu et attaqué à coups de bâton et de poignard les manifestants regroupés devant l'université de la capitale Sanaa.

Certains des assaillants étaient masqués, selon des protestataires qui ont accusé "les casseurs du régime" d'avoir mené cette attaque.

Des milliers de personnes campent depuis le 21 février sur la place de l'université à Sanaa, réclamant le départ de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Des dizaines de manifestants avaient été blessés dimanche sur cette place, épicentre de la contestation populaire, dans une attaque lancée par des policiers soutenus par des partisans du régime, au lendemain de la mort d'un manifestant victime de tirs de la police.

Une quarantaine de personnes ont été tuées dans les troubles au Yémen depuis le début du mouvement de contestation fin janvier.

Dans un communiqué, l'opposition parlementaire a accusé le régime de "crimes contre l'humanité" en raison de la répression sanglante des manifestations.

"Les attaques contre les manifestants, les tirs à balles réelles et l'usage de gaz toxiques prohibés internationalement sont des crimes contre l'humanité", affirme le communiqué.

"Le président Saleh, ses fils et ses neveux qui contrôlent la garde républicaine, les forces spéciales et les forces de sécurité nationales (sont) responsables de ces crimes".

L'opposition demande au président "de se soumettre à la volonté populaire et de remettre le pouvoir au peuple".