Les étrangers fuient le Japon comme ils peuvent

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Les billets d'avion se font rares alors que de nombreux pays conseillent à leurs ressortissants de quitter le Japon, les entreprises louent des jets privés pour évacuer leurs cadres: la crise nucléaire nippone pourrait vite prendre des allures de sauve-qui-peut.

Face à l'incertitude sur l'évolution de la situation dans la centrale nucléaire de Fukushima, à 250 au nord de Tokyo, de nombreux étrangers, suivant les recommandations de leur gouvernement, ont décidé de quitter le Japon pour Hong Kong ou pour rentrer dans leur pays.

Le Département d'Etat américain a autorisé les familles de son personnel d'ambassade à quitter le pays si elles le souhaitent.

Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé que Paris mettait deux avions gouvernementaux à la disposition des Français souhaitant quitter le pays, qui s'ajoutent aux appareils supplémentaires affrétés par Air France.

Berlin a également recommandé à ses ressortissants de quitter Tokyo en direction d'Osaka, 400 km au sud-ouest de la capitale, "ou de quitter le pays en passant par Osaka".

Résultat, les places se font rares et chères. Si Air France proposait jeudi sur son site internet un aller simple Tokyo-Paris à 686 euros, certains aller-simple vers Hong Kong ou Singapour atteignaient plus de 2.500 euros sur des sites internet. La compagnie hongkongaise Cathay Pacific offrait également des tarifs spéciaux tandis que Vietnam Airlines va utiliser des avions plus gros sur les vols quittant le Japon, offrant par ailleurs de gros rabais aux Vietnamiens.

Les jets privés, malgré des tarifs très élevés, étaient également très prisés. "La demande est très, très forte", a confirmé Iris Riesen, directrice général de jet Aviation Hong Kong, qui reçoit de nombreux appels de sociétés voulant évacuer leurs cadres.

La société propose un appareil Gulfstream G550 capable d'embarquer 14 passagers, pour un voyage de 5 heures entre le Japon et Hong Kong facturé entre 90.000 et 140.000 dollars US (entre 64.000 et 100.000 euros).

De nombreuses entreprises ont également commencé à évacuer leurs employés et leurs familles. La société d'informatique indienne L&T Infotech a affrété un avion spécial pour rapatrier ses 185 employés et leur famille. Mais pour de nombreuses autres compagnies, peu habituées à ce genre de crise, la décision est difficile à prendre. "Il n'y a pas de consignes claires. On ne va pas évacuer tout le monde, certains franco-japonais sont déjà partis", a expliqué à l'AFP un Français, cadre d'un groupe industriel français qui compte plusieurs centaines d'employés au Japon.

"On sent que le service des ressources humaines est embêté. On ne peut pas dire que les Français peuvent partir sans proposer aux autres de le faire aussi", a-t-il ajouté. "On n'est pas une entreprise habituée à travailler dans des pays à risque donc on ne sait pas faire. Il n'y a même pas de cellule de crise à Paris".

Le groupe a par ailleurs déjà demandé à ses employés de quitter aussi la Corée, plus proche voisin du Japon. Mais au-delà du Japon, même à 3.000 km de la centrale de Fukushima, comme à Hong Kong, d'autres expatriés songent tout simplement à quitter l'Asie.

"Je suis inquiète et j'envisage de partir", a indiqué à l'AFP Jeannette Hoch, Suédoise installée à Hong Kong. "Je sais que nous sommes loin de la centrale, mais je préfère être à l'abri plutôt que d'avoir des regrets".