Joumblatt, leader des espoirs déçus

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Il a porté les espoirs des Libanais, il incarne maintenant leur amertume

En septembre 2004, Walid Joumblatt prend la tête de la fronde antisyrienne

A ses côtés, le leader sunnite Rafic Hariri, avec qui il appuie la résolution 1559, exigeant le retrait de la Syrie et le désarmement de toutes les milices

L'assassinat de l'ancien Premier ministre ne fera qu'accélérer le processus

Walid Joumblatt, 58 ans, est le leader des Druzes libanais, une branche de l'islam chiite

Au sein de sa communauté, il a les coudées franches

Résultat, il change fréquemment d'alliances

Longtemps partisan d'une intégration du Liban à l'axe syro-iranien, il passe dans le camp adverse durant l'été 2004

Il délaisse alors le Hezbollah, taxé de satellite de la Syrie, pour s'allier aux chrétiens

Au moment des élections de juin 2005, il retourne sa veste et retrouve le « parti de Dieu »

Six mois après, le divorce est déjà consommé

« C'est un condottiere

Son seul moteur, c'est l'enrichissement personnel, observe un politologue

En cela, je crois que c'est le plus farouche adversaire de la construction d'un Etat moderne au Liban

» Un proche du Hezbollah tempère : « Ses prises de position trahissent une angoisse très profonde des élites druzes face à une nouvelle configuration régionale qui pourrait les mettre sur la touche

Elles ne veulent pas être sacrifiées

» Sérieusement menacé de mort par la Syrie, Walid Joumblatt, qui accuse ouvertement le régime de Bachar al-Assad et préconise son renversement afin de neutraliser son action au Liban, vit depuis un an reclus dans son fief de la montagne libanaise

Marine Hardouin