La "pieuvre" syrienne toujours à l'oeuvre

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Beyrouth (Liban)

De notre correspondante

A leur arrivée à Beyrouth, en 1976, les services de renseignements syriens s'étaient installés à l'hôtel Beau Rivage

De l'armada d'hommes en armes chargée de le protéger, il ne reste rien

A quelques pas de là, le portrait du président syrien, Bachar al-Assad, a été décroché lors du retrait de ses troupes, le 26 avril 2005

Les antisyriens exilés ont alors pu revenir au pays, tandis que la commission d'enquête de l'ONU, formée au lendemain du meurtre de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, poursuivait ses investigations

Dans un premier rapport, elle fait état de responsabilités syro-libanaises dans l'assassinat de Hariri

Si l'hypothèse est vérifiée, les treize attentats qui ont suivi prouvent que Damas n'a pas perdu la main sur le Liban

Premiers relais, les services de sécurité libanais, toujours aux ordres du président du Liban, Emile Lahoud, qui reste l'homme des Syriens

Autre allié de taille, le Hezbollah

Visé par la résolution 1559 des Nations unies, qui exige son désarmement, le parti chiite a surtout essayé de conserver sa place sur l'échiquier libanais, quitte à renforcer ses soutiens syro-iraniens

Une attitude vécue comme une trahison par les Libanais des camps chrétiens et sunnites

Pourtant, ces derniers ont eux aussi leurs partisans de la Syrie

« La Syrie au Liban se comporte un peu comme une pieuvre

On a beau couper un de ses tentacules, elle reste vivante », note un observateur, qui préfère garder l'anonymat

Marine Hardouin

22 septembre 2004 La résolution 1559 exige le retrait des troupes syriennes et le désarmement des milices. 14 février 2005 Assassinat de Rafic Hariri. Un million de Libanais manifestent contre la tutelle syrienne le 14 mars. 19 juin 2005 L'opposition antisyrienne obtient la majorité aux législatives. 20 octobre 2005 Mise en cause de la Syrie dans le rapport de l'Onu. 12 décembre 2005 Assassinat du journaliste et député antisyrien Gebrane Tuéni.