Libye: Clinton espère un vote jeudi à l'ONU

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La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a jugé mercredi "urgent" d'agir face à l'avancée des forces de Mouammar Kadhafi contre l'opposition libyenne, indiquant "espérer" un vote dès jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU sur l'adoption de mesures concrètes.

"Oui, le temps joue contre nous. Il est urgent" d'agir, a-t-elle déclaré, au Caire, où elle achevait une visite de deux jours.

Selon elle, les membres du Conseil de sécurité évoquent plusieurs options. "Il y a la zone d'exclusion aérienne, mais d'autres aussi afin de pouvoir protéger les citoyens libyens de leur dirigeant qui semble déterminé à revenir en arrière et à tuer autant (de Libyens) que possible", a-t-elle dit.

"Nous travaillons aussi rapidement que nous le pouvons à New York", a déclaré Mme Clinton, précisant cependant que le résultat des pourparlers diplomatiques ne serait pas connu avant le vote.

"Nous espérons que ce ne sera pas plus tard que demain" jeudi, a souligné la chef de la diplomatie américaine aux journalistes l'accompagnant en Egypte.

"Nous verrons alors ce que ce message veut dire pour Kadhafi et son régime, ce qu'il veut dire en terme de soutien et d'encouragement pour l'opposition", a-t-elle encore déclaré.

De nouvelles discussions consacrées à la Libye avaient lieu mercredi au Conseil de sécurité. La communauté internationale tergiverse depuis des jours sur les mesures à adopter pour empêcher le colonel Kadhafi d'écraser les insurgés dans son pays. Ses troupes ne sont plus qu'à quelques dizaines de kilomètres de Benghazi, le siège des insurgés dans l'Est du pays.

Outre l'exclusion aérienne, les mesures débattues à l'ONU concernent "l'aide à l'opposition" et notamment à ses communications, a rapporté à Washington Mark Toner, un porte-parole du département d'Etat.

Reconnaissant que la situation militaire des insurgés avait "empiré" ces derniers jours, M. Toner a cependant dit "croire qu'il y a encore du temps", et répété que l'objectif de l'Amérique était le départ du pouvoir du colonel Kadhafi.

Mme Clinton a par ailleurs une nouvelle fois exclu toute intervention "unilatérale" des Etats-Unis, et souligné que le monde arabe devait participer et être à la tête de toute intervention en Libye.

A ce titre, elle a relevé que le fait que la Ligue arabe se soit prononcée samedi en faveur d'une zone d'exclusion aérienne facilitait les discussions à l'ONU.

"Beaucoup de pays du Conseil de sécurité qui étaient peu disposés ou opposés (à une intervention) sont désormais prêts à discuter de ce qui est possible grâce à la déclaration de la Ligue arabe", a-t-elle souligné, dans une référence à la Chine et la Russie.

Le président français Nicolas Sarkozy, seul chef d'Etat a avoir reconnu les rebelles comme les représentants légitimes de la Libye, a pour sa part appelé "solennellement" les membres du Conseil de sécurité à "soutenir" l'appel de la Ligue arabe en faveur d'une zone d'exclusion aérienne.

La Grande-Bretagne a aussi exhorté les membres du Conseil à prendre des décisions au plus vite et à surmonter leurs divisions sur l'instauration d'une zone d'exclusion.