Japon: Situation toujours critique à la centrale de Fukushima, l'armée intervient

CATASTROPHE Devant l'impossibilité d'arrêter la catastrophe en cours dans la centrale au nord du Japon, 140.000 personnes doivent rester confinées chez elles. Fait historique, l'empereur s’est adressé à la population...

A.-L.B. avec Reuters

— 

HO NEW / REUTERS

Dernière info (3h40): Un hélicoptère de l'armée a commencé jeudi matin à déverser de l'eau sur le réacteur n°3 pour refroidir les barres de combustible en surchauffe. Le niveau de radioactivité a progressivement baissé sur la centrale de Fukushima-Daiichi, selon l'agence japonaise de sûreté nucléaire de 752 à 338 microsieverts par heure.

La crise nucléaire menace d'échapper à tout contrôle au Japon. Un nouvel incendie s'est déclaré au réacteur n°4 de la centrale de Fukushima-Daiichi, dévastée il y a cinq jours par un séisme et un tsunami. Le personnel a évacué dû évacuer le site pendant une heure ce mercredi matin en raison d'une hausse de la radioactivité.

Cette radioactivité était même initialement trop élevée pour qu'un hélicoptère de l'armée puisse déverser de l'eau sur le réacteur n°3, celui qui préoccupe le plus les autorités, afin de refroidir les barres de combustible en surchauffe. Dans l'attente, la police a souhaité utiliser des canons à eau pour refroidir les installations. Mercredi soir, la situation était toujours jugée critique, l’eau de la piscine de stockage du réacteur n°4 du site était totalement évaporée, ce qui entraînant des radiations encore plus fortes.

180 employés travaillent encore sur le site de la catastrophe. Dans la zone proche de la centrale, quelque 140.000 habitants ont été invités à rester confinés chez eux. Bonne nouvelle: Jusqu'à présent, le vent au-dessus de la centrale de Fukushima a poussé les poussières radioactives vers l’océan pacifique, et le niveau de radioactivité à Tokyo est presque dans la moyenne.

Quelles réactions politiques?

Alors que l'empereur japonais Akihito, au cours d'une allocution télévisée - fait historique - s'est dit «profondément préoccupé» par une situation aux développements «imprévisibles», le gouvernement japonais envisage de faire appel à l'armée américaine pour l'aider à refroidir ses réacteurs.

Le commissaire européen à l'Energie, Günther Öttinger, a dit craindre personnellement qu' «un nouvel événement catastrophique» se produise. A Vienne, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a parlé de situation «très sérieuse» et a décidé de se rendre sur place. Mais il a jugé impropre de dire que la situation était «hors de contrôle».

En France,  le président de la République a jugé, mercredi soir, que les prochaines heures seraient «cruciales» pour le Japon. «Les heures qui viennent sont des heures essentielles pour voir si nos amis japonais peuvent maîtriser la situation ou si malheureusement cette situation va en empirant», a-t-il notamment déclaré. Le porte-parole du gouvernement, François Baroin a déclaré que «dans le pire des scénarios, l'impact sera supérieur à Tchernobyl». Après avoir parlé de «risque de catastrophe majeure», la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a évoqué «le scénario du pire».

La France a décidé mercredi soir d’envoyer deux avions supplémentaires au Japon pour rapatrier les Français. Des départs sont prévus dans les prochains jours par l’ambassade de France au Japon pour l’évacuation des Français qui le souhaitent.

L'accident nucléaire vient s'ajouter aux dégâts dévastateurs du séisme et du tsunami du 11 mars, dont le bilan provisoire fait état de 4.314 décès confirmés, 8.606 disparus et 2.282 blessés, mais qui devrait dépasser les 10.000 morts.