Libye: L'armée libyenne lance un ultimatum à Benghazi

MONDE Au Bahreïn, des affrontements entre manifestants et policiers ont fait au moins six morts...

C.C. avec Reuters

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A.JADALLAH / REUTERS

Dernière info: L'armée libyenne a donné mercredi jusqu'à 22h00 GMT aux habitants de Benghazi pour s'éloigner des positions tenues par les insurgés et des dépôts d'armes. Un texte est apparu à la télévision libyenne pour annoncer aux habitants du bastion de la rébellion que l'armée arrivait «pour vous soutenir et pour nettoyer votre ville des bandes armées».

Désormais, il est en position de force. Dans un entretien au Figaro, le colonel Kadhafi a donc répété qu'il excluait tout changement politique en Libye et qu'il entendait rester le «guide de la révolution» dans son pays.

«Mon souci est de libérer la population des bandes armées qui occupent Benghazi. Ces rebelles risquent de se servir de ses habitants comme bouclier humain, a également déclaré Kadhafi. Et, quel que soit ce complot -qu'il soit impérialiste, qu'il vienne d'Al-Qaida ou bien de l'intérieur-, le peuple libyen doit l'écraser.»

Alors que les forces régulières libyennes auront repris le contrôle de tout le pays dans les 48 prochaines heures, selon l'un des fils de Mouammar Kadhafi, Nicolas Sarkozy a lui appelé ce mercredi le Conseil de sécurité de l'Onu à prendre ses responsabilités en imposant «sans délai» une zone d'exclusion aérienne en Libye pour mettre fin aux «actions meurtrières» du dirigeant libyen.

La France, le Royaume-Uni et le Liban ont présenté aux Nations unies un projet de résolution prévoyant de nouvelles sanctions contre Tripoli mais l'option militaire extérieure se heurte aux divisions des grandes puissances et le temps presse. Paris, qui se veut en pointe sur la crise libyenne avec le Royaume-Uni, voulait croire ce mercredi qu'il n'était «pas encore trop tard» pour intervenir.

«Nous pourrons atteindre l'objectif qui est le nôtre»

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait auparavant affiché son optimisme devant les députés en affirmant avoir obtenu le principe de la participation active de pays arabes. «J'ai quelques raisons de penser que nous pourrons atteindre l'objectif qui est le nôtre», a-t-il dit à l'occasion d'un débat préalable au Conseil européen de fin mars. Alain Juppé a souligné que la résolution présentée au conseil de sécurité «élargit le champ des sanctions et ouvre la voie à l'utilisation des moyens nécessaires pour stopper l'offensive de Kadhafi».

De son côté, c'est avec un certain fatalisme que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a réclamé un cessez-le-feu immédiat en Libye tandis qu'au Caire, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a estimé que Mouammar Kadhafi semblait «déterminé à revenir en arrière et à tuer autant» de Libyens «que possible». Elle a formulé l'espoir qu'un vote sur la Libye interviendrait au Conseil de sécurité de l'Onu «pas plus tard que jeudi». Elle a ajouté que «de nombreuses actions» étaient à l'étude, pas seulement une zone d'exclusion aérienne.

Violentes attaques contre les manifestants au Bahreïn

Pendant ce temps-là, au Bahreïn, les forces de sécurité appuyées par des hélicoptères ont lancé ce mercredi une violente attaque contre les manifestants antigouvernementaux qui ont été chassés de la place de la Perle à Manama, lieu symbolique du mouvement de protestation qui dure depuis un mois.

Les affrontements, au lendemain de la proclamation de la loi martiale, ont fait au moins six morts, trois policiers et trois civils, a-t-on appris de source hospitalière. Un élu de l'opposition a fait également état de centaines de blessés.

Lundi, à la demande des autorités de Manama et avec le feu vert du Conseil de coopération du Golfe (CCG), un millier de soldats saoudiens et 500 policiers émiratis ont été envoyés dans le petit royaume bahreïni, peuplé majoritairement de chiites mais dirigé par la dynastie sunnite des Khalifa. Cette initiative a été vivement dénoncée par l'Iran chiite et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié ce mercredi d’«injustifiable et irréparable» la répression à Bahreïn.