Français de retour du Japon: «On veut croire aux meilleurs scénarios»

RAPATRIEMENT Reportage à A Roissy ce mercredi...

Gilles Wallon

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Des Français vivant au Japon rapatriés à la suite de la catastrophe naturelle puis nucléaire au Japon, à leur arrivée à l'aéroport de Roissy, au nord de la capitale, le 16 mars 2011. 
Des Français vivant au Japon rapatriés à la suite de la catastrophe naturelle puis nucléaire au Japon, à leur arrivée à l'aéroport de Roissy, au nord de la capitale, le 16 mars 2011.  — AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE

Treize heures après le décollage, les passagers du vol Tokyo-Paris débarquent à Roissy le visage un peu vague. Il y a souvent un masque blanc sur le visage des Japonais. Les quelques voyageurs français n’en n'ont pas.

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Laurent, 30 ans, vivait et travaillait à Tokyo. « Il y a encore eu une réplique du séisme hier (mercredi). Les avions sont presque pleins, les réservations sont très difficiles. Mais les Japonais sont tranquilles, ils ne veulent pas partir. Leur gouvernement reste toujours très rassurant, ils disent que tout est sous contrôle. Alors chacun suit les ordres et continue sa vie. Mais les autorités françaises disent de rentrer, alors les Français suivent ces ordres-là. »

«Des principes de précaution très différents»

Entre les deux pays, «les principes de précaution sont très différents». Yohei, un Japonais de 36 ans, vient ici en voyages d’affaires. «Bien sûr que je vais repartir, ma famille est là-bas!» A Tokyo, «la vie semble normale, mais les gens sont inquiets». Yohei a un ami dans le nord-est du pays, qu’il «n’arrive pas à joindre» depuis vendredi.

Sébastien, 30 ans, travaillait depuis deux ans et demi dans un laboratoire à 50 kilomètres au nord de Tokyo. Son retour en France tient du hasard: il avait simplement «prévu de rentrer quelques jours» avant de repartir. «La panique, on ne la voit pas. Les messages qui passent sont à l’opposé de ce qui se dit en France. Quand on est à l’extérieur, on s’imagine le pire, quand on le vit de l’intérieur, on veut croire aux meilleurs scénarios possibles.»

Pour Sébastien, «les Japonais sont solidaires tout le temps. Ils ne peuvent pas se dire qu’ils vont tout quitter, abandonner le pays. Pour nous, c’est facile, on sait qu’on nous attend. J’ai un ami occidental qui a forcé sa copine à rentrer avec lui. Elle a dû faire à sa famille des adieux déchirants.» Sébastien et son amie ont « bien sûr» envie de retourner au Japon. Ce ne sera «sans doute pas» dans les semaines à venir.