Catastrophe nucléaire au Japon: «Le gouvernement ne veut pas nous laisser imaginer le pire»

TEMOIGNAGES Des Japonais racontent à 20minutes.fr leur quotidien depuis le séisme de vendredi...

Corentin Chauvel

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I.KATO / REUTERS

Le sang-froid des Japonais à rude épreuve. L’incertitude règne toujours ce mercredi quant aux conséquences du sinistre de vendredi sur la centrale nucléaire de Fukushima et les habitants de Tokyo commencent à prendre les événements avec moins de fatalité.

«On est de plus en plus dans une situation critique, mais le gouvernement reste calme et dit qu’il n’y a pas de risque pour la santé», explique Minori, 33 ans. «Il n’a pas l’air de mentir, mais il nous informe de manière abstraite donc on n’arrive pas à connaître le véritable risque. Je crois qu’il ne s’en rend même pas compte lui-même», ajoute cette jeune artiste.

«Je ne fais pas confiance aux médias japonais»

Pour Shimako, 27 ans, les Japonais ne sont «pas bien informés sur ce qu’il se passe». «Je ne fais pas confiance aux médias japonais, c’est toujours comme cela, ils ont tendance à cacher les informations importantes», déplore-t-elle. «Le gouvernement ne veut pas nous laisser imaginer le pire, moi je ne me suis pas inquiétée jusqu’à ce que mes amis étrangers m’envoient pleins d’articles négatifs», renchérit Minori.

Si un véritable risque se présentait dans la région de Tokyo, les deux jeunes femmes s’en iraient, mais en dernier recours. «Pour l’instant, il est hors de question que je m’en aille, je ne peux pas laisser ma famille», exprime Minori. Même son de cloche pour Shimako qui continue à travailler normalement tant que «les autorités ne nous demandent pas de quitter Tokyo».

Une situation d’«après-guerre»

Cependant, les habitants de la capitale japonaise ont déjà pris leurs précautions. «Autour de moi, les gens ne pensent qu’à leurs réserves. Au supermarché, de nombreux rayons sont vides et il y a d’énormes files d’attente», raconte Minori. Shimako évoque une situation d’«après-guerre» avec des coupures d’électricité quotidiennes et des transports ferroviaires qui ne fonctionnent qu’à 80%.

Désormais, les Tokyoïtes vivent dans l’angoisse du lendemain, subissant les différentes répliques post-séisme. «Elles s’enchaînent les unes après les autres, je n’arrive pas à dormir la nuit, j’espère que le grand tremblement de terre qu’on attend depuis longtemps à Tokyo ne surviendra pas ou ce sera la fin du Japon», s’inquiète Minori.