Une opération militaire en Libye? C'est encore possible pour Alain Juppé

M.P. et A.-L.B.

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Alain Juppé s'exprime lors de la passation de pouvoirs au ministère des Affaires Etrangères, sous le regard d'Henri de Raincourt et Laurent Wauquiez, le 1er mars 2011.
Alain Juppé s'exprime lors de la passation de pouvoirs au ministère des Affaires Etrangères, sous le regard d'Henri de Raincourt et Laurent Wauquiez, le 1er mars 2011. — REUTERS/Benoit Tessier

Alain Juppé n’en démord pas. L’intervention militaire reste la seule solution pour aider les Libyens. Il a tenté de convaincre lundi et mardi ses partenaires du G8 de la nécessité de cette option, sans succès.

Mercredi après-midi, le ministre des Affaires étrangères a remis le couvert. Devant l'Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères a déclaré que la France a bon espoir d'obtenir du Conseil de sécurité de l'ONU une résolution permettant d'arrêter l'offensive du colonel Mouammar Kadhafi avec la participation active de pays arabes. Rappelant que la France avait déposé une résolution avec le Royaume-Uni et le Liban, il considère qu'il n'est pas trop tard pour intervenir militairement en Libye. «J'ai quelques raisons de penser que nous pourrons atteindre l'objectif qui est le nôtre», a-t-il dit à l'occasion d'un débat préalable au Conseil européen de fin mars.

«Il ne suffit pas de proclamer»

Cette intervention ne se fera «bien entendu que sous un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies et avec non seulement le soutien mais la participation active des pays arabes», a ajouté Alain Juppé. «Nous avons déposé avec nos amis britanniques et libanais une résolution du conseil de sécurité qui élargit le champ des sanctions et ouvre la voie à l'utilisation des moyens nécessaires pour stopper l'offensive de Kadhafi», a expliqué le chef de la diplomatie française.

Ce mercredi matin, le ministre des Affaires étrangères expliquait cette même position dans une note sur son blog. Il y critique à mots couverts l’immobilisme de la communauté internationale et plaide pour des frappes ciblées. Voire une intervention militaire. «Il ne suffit pas de proclamer, comme l’ont fait à peu près toutes les grandes démocraties, que “Kadhafi doit partir”, commence Alain Juppé sur son blog. Seule la menace de l’emploi de la force peut arrêter Kadhafi.»

L’ancien ministre de la Défense assure que des «frappes ciblées» auraient permis de «neutraliser» les hélicoptères de Kadhafi qui pilonnent actuellement les insurgés et permettent au régime de gagner du terrain.

«La faiblesse des démocraties»

Une option qui est encore sur la table à deux conditions: «Obtenir un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, seule source de droit international en matière d’usage de la force» et «agir avec le soutien» et «la participation effective des pays arabes». Or, si la première est loin d’être remplie, la seconde l’est. «Plusieurs pays arabes nous ont assurés qu’ils participeraient», écrit le ministre des Affaires étrangères.     

Et de conclure par une exhortation à l'action: «Il est souvent arrivé dans notre histoire contemporaine que la faiblesse des démocraties laisse le champ libre aux dictatures. Il n’est pas encore trop tard pour faire mentir cette règle.»