«Nous ne pardonnerons pas à Sharon»

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De notre correspondante Ariel Sharon devrait être réveillé de son coma artificiel dans la journée. Conscient, dans « un bon état relatif », « capable de comprendre et de parler » ou dans un état végétatif, toutes les hypothèses sont envisagées par les médecins quand le Premier ministre israélien se réveillera. Mais une chose est sûre : il ne pourra jamais revenir aux affaires politiques. Pour la plupart des anciens colons de Gaza, c’est une bonne nouvelle : « D’un point de vue humain, ça fait mal au coeur de le savoir dans cet état, mais je me réjouis beaucoup de sa sortie de la vie politique », affirme Rina Ackermann. Il y a encore six mois, elle vivait avec son mari et ses onze enfants dans une vaste propriété de Neve Dekalim, la « capitale » des colonies de Gaza. Depuis son expulsion en août dernier par l’armée israélienne, la famille vit dans cinq chambres d’un hôtel de Jérusalem. Les Ackermann comptent sur des dédommagements financiers de la part du gouvernement. En attendant, leur vie s’organise à l’étroit. « Les enfants jouent dans le couloir à la place du grand jardin, soupire Rina. On vit dans un camp de réfugiés à l’hôtel. » Elle tient Ariel Sharon responsable de cette situation. Résignée, elle souhaite que sa disparition politique empêche de nouvelles évacuations de colons en Cisjordanie, comme le prévoyait le programme du nouveau parti d’Ariel Sharon, Kadima, que conduira le Premier ministre par intérim, Ehud Olmert, aux législatives de mars. Sur la porte d’une de leurs chambres, les Ackermann ont accroché une photo de Neve Dekalim à l’époque où ils y habitaient et une autre de la ville en ruine après le départ de l’armée israélienne. Dessous, un message résume le sentiment des colons de Gaza : « Nous n’oublierons pas, nous ne pardonnerons pas. » Céline Bruneau