Séisme et tsunami au Japon: «Les Japonais ont bien résisté sur le plan psychologique»

CATASTROPHE Un psychiatre décrypte la réactions des habitants de l'archipel nippone face à la crise...

Delphine Bancaud

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La ville côtière de Kesen Numa, au nord-est du Japon, le 12 mars 2011, au lendemain du tsunami qui a ravagé la région.
La ville côtière de Kesen Numa, au nord-est du Japon, le 12 mars 2011, au lendemain du tsunami qui a ravagé la région. — KYODO/REUTERS

Comment surmonter une telle catastrophe? Pour Christian Navarre, psychiatre et auteur de Psy des catastrophes : dix années auprès des victimes (édition Imago), les Japonais sont mieux armés que de nombreux peuples pour y faire face. «Bien que certains souffrent de la disparition de proches et de la perte de leur maison, ils ont généralement bien résisté au séisme et au tsunami sur le plan psychologique, comme le prouve l'absence de scènes de panique.»

«La reconstruction prendra du temps»

Car selon lui, les Japonais sont préparés dès l'enfance à ce type de risques et apprennent des réflexes de protection. «Par ailleurs, les Asiatiques appréhendent différemment la mort que les Occidentaux. Même si la perte de l'autre est douloureuse, il y a chez eux une acceptation des forces de la nature et du destin», affirme-t-il.

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Mais la menace d'une éventuelle contamination radioactive risque fort de changer la donne, selon lui. «L'attente anxieuse conduit à un sentiment d'impuissance très dommageable. Pour surmonter ce stress, les Japonais vont devoir s'appuyer sur la solidarité et faire confiance aux autorités sanitaires. Leur reconstruction prendra du temps.»