L’état de santé de Sharon plonge Israël dans l’incertitude

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De notre correspondante L’accident cérébral d’Ariel Sharon est un tremblement de terre politique en Israël. « Dorénavant, plus rien n’est sûr », analyse Yossi Verter, journaliste du quotidien de gauche israélien, Haaretz. « Tout ce qui semblait acquis hier encore est aujourd’hui remis en question. » Ariel Sharon ne pourra sans doute plus jamais occuper ses fonctions de Premier ministre et de leader du parti centriste Kadima, selon ses médecins. Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour faire d’un coup de poker une véritable success story : fin novembre, Ariel Sharon quitte le Likoud nationaliste et fonde un nouveau parti. Pour beaucoup d’Israéliens, cette formation est un compromis idéal entre la droite et la gauche. Très vite, de nombreuses personnalités se rallient au Premier ministre et Kadima arrive en tête des sondages. Le programme politique est simple : fixer les frontières d’Israël de manière unilatérale, au prix si nécessaire d’évacuations de colonies en Cisjordanie. Dès lors, la question est de savoir comment Kadima, maintenant orphelin va évoluer sans Ariel Sharon. Selon Ilan Greilsammer, professeur de sciences politiques à l’université Bar-Ilan, il ne faut pas être trop pessimiste. Pour lui, l’absence d’Ariel Sharon n’est pas forcément synonyme de disparition du parti centriste. « Peut-être que dans les jours à venir il y aura des désistements ou une baisse dans les sondages, mais je crois que Kadima existe en tant qu’alternative. Les Israéliens veulent ce parti. On ne peut plus revenir au bipolarisme traditionnel israélien. » Mais personne ne sait qui occupera la direction de Kadima à la place d’Ariel Sharon. Hier, le parti travailliste, emmené par Amir Peretz, a annoncé qu’il suspendait toutes ses activités politiques. Peu avant, le chef du Likoud, Benjamin Netanyahu, a gelé la décision de retirer quatre ministres du gouvernement. Les deux partis étaient déjà en campagne pour les législatives de mars prochain. C. B.

intérim Le Premier ministre ne pouvant plus assurer ses fonctions, c’est donc le vice-Premier ministre, Ehud Olmert, qui le remplace pendant cent jours. Au 101e jour, si la situation perdure le gouvernement sera dissous et le président, Moshé Katsav, demandera à l’un des 120 députés de la Chambre de former dans les quatorze jours un nouveau gouvernement.