Ariel Sharon entre la vie et la mort

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De notre correspondante Le Premier ministre israélien Ariel Sharon, 77 ans, luttait toujours hier soir contre la mort après une opération de sept heures pour enrayer une hémorragie cérébrale, plongeant le pays dans l’incertitude à trois mois des élections générales. Ariel Sharon, qui domine la vie politique en Israël depuis cinq ans, a été placé dans « un coma profond sous respiration artificielle pour au moins vingt-quatre heures afin de maintenir une faible pression dans la boîte crânienne », selon le directeur de l’hôpital Hadassah de Jérusalem, Shlomo Mor Yossef. Le 18 décembre, Sharon avait été victime d’une attaque cérébrale « légère » et devait subir un cathétérisme cardiaque. A Jérusalem, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. « Depuis hier soir, on ne parle que de ça ! Même ici dans la boutique, les clients n’arrêtent pas de parler d’Ariel Sharon », s’écrie Albert. Derrière son étal d’épices, cet Israélien écoute en boucle les émissions à la radio. Dans les allées du grand marché, le Mahane Yehuda, la santé du Premier ministre est au coeur de toutes les discussions. Frédéric Nahon a appris l’hospitalisation en urgence d’Ariel Sharon par des amis. Ce chef d’entreprise a ressenti une profonde tristesse, comme le reste de la population israélienne. « On est forcément touché, explique cet électeur du Likoud. Je suis un déçu de Sharon. Je lui ai fait confiance et il nous a trahis avec le retrait de Gaza. Pourtant, je me rends compte qu’à partir d’aujourd’hui la politique israélienne ne sera plus jamais la même. C’est une ère politique qui se termine. » Contrairement à son père, Lisa Nahon aurait voté Sharon aux prochaines législatives le 28 mars : « Pour l’homme, pas pour son parti. Je crois en lui. Ariel Sharon est un héros d’Israël, il fait partie de l’histoire collective. Personne ne pourra le remplacer ! » La jeune étudiante de 20 ans soupire : « Je suis désemparée, on se retrouve comme des orphelins. » Céline Bruneau