Démission du porte-parole de Clinton après des propos controversés

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Le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley, a annoncé sa démission dimanche en raison de "l'impact" de ses critiques envers le Pentagone au sujet des conditions de détention du soldat Bradley Manning, incarcéré pour avoir transmis des documents secrets à WikiLeaks.

Le traitement auquel est soumis le soldat Manning est "ridicule, contre-productif et stupide", avait affirmé Philip Crowley, selon des propos rapportés vendredi par une journaliste de la BBC sur son blog.

"Etant donné l'impact de mes remarques, dont j'assume l'entière responsabilité, j'ai présenté ma démission de porte-parole du département d'Etat", annonce M. Crowley dimanche dans un communiqué.

Dans le même communiqué, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton dit avoir accepté la démission de M. Crowley, dont elle a salué "le profond dévouement envers le service public et la diplomatie" américaine.

Les fonctions de M. Crowley seront temporairement assurées par Mike Hammer, qui était jusqu'ici son adjoint, ajoute Mme Clinton, qui devait s'envoler dimanche pour un voyage à Paris, en Tunisie et en Egypte.

Le président Barack Obama avait réagi sèchement vendredi au cours d'une conférence de presse aux commentaires de M. Crowley, en soulignant que le Pentagone l'avait assuré que le soldat Manning recevait un traitement "correct" et "normal".

M. Crowley a expliqué par la suite avoir exprimé à Boston son "opinion personnelle", et non "la position politique officielle du gouvernement des Etats-Unis".

Dans son communiqué dimanche, il maintient sa position. Il reconnaît que ce dont est accusé Bradley Manning, à savoir la diffusion non autorisée d'informations classées, "est un crime grave aux yeux de la loi américaine". Mais, ajoute-t-il, "l'exercice du pouvoir, en cette période difficile et dans un environnement médiatique implacable, doit être avisé et conforme à nos lois et à nos valeurs".

Le soldat Manning 23 ans, inculpé et détenu pour avoir transmis à WikiLeaks des milliers de documents secrets américains, a détaillé cette semaine dans une note de 11 pages les mauvais traitements dont il se dit victime.

Il affirme que les autorités militaires chargées de son cas ont abusé de leur autorité en le classant comme détenu à risque, susceptible d'attenter à son intégrité physique et en demandant des conditions de "sécurité maximale".

"Avec les restrictions actuelles, en plus d'être mis à nu le soir, je suis maintenu à l'isolement", écrit le soldat, disant devoir remettre aux gardiens la totalité de ses vêtements, y compris son caleçon.

Il indique également qu'on lui a interdit d'avoir avec lui dans sa cellule des effets personnels, qu'il peut seulement lire un seul livre ou magazine à la fois qu'il doit rendre à la fin de la journée, et qu'il n'est pas autorisé à faire de l'exercice dans sa cellule.