Liban: Plusieurs milliers de manifestants disent «non à l'oppression» du Hezbollah

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Des dizaines de milliers de Libanais manifestaient dimanche à Beyrouth contre l'arsenal du Hezbollah, à l'occasion du 6e anniversaire de la «Révolution du Cèdre» déclenchée après le meurtre de Rafic Hariri dans lequel le puissant parti chiite s'attend à être mis en cause.

Dès le petit matin, une marée humaine convergeait vers la place des Martyrs dans le centre-ville, à l'appel du Premier ministre en exercice Saad Hariri, fils du dirigeant assassiné, dont le Hezbollah a fait tomber le cabinet le 12 janvier.

Le puissant parti chiite est accusé d'avoir fait tomber le gouvernement de Saad Hariri «sous la pression des armes», après avoir tenté en vain d'obtenir de lui de cesser toute coopération avec le tribunal de l'ONU en charge de l'enquête sur le meurtre. Le Hezbollah accuse cette instance d'être «à la solde d'Israël et des Etats-Unis».

Une situation intenable

«Non aux armes, oui à la vie. Je participe à ce rassemblement parce que la situation est devenue intenable. Avec les armes (du Hezbollah), il n'y a plus d'Etat et nous, nous voulons l'Etat», affirme à l'AFP Adnane Antar, 65 ans, venu de Tripoli (nord).

«Non à l'oppression», «Non aux assassinats», «Non au diktat des armes», peut-on lire sur des pancartes dans les rues de Beyrouth. Pour Mira, partisane de 22 ans de Saad Hariri, ce sont la vérité sur l'assassinat de Rafic Hariri et le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) qui sont visés. «Nous ne permettrons pas cela».

Le Hezbollah, qui prône la lutte armée contre Israël, estime que son arsenal est nécessaire pour défendre le pays, tandis que le camp pro-occidental estime que c'est l'Etat libanais qui doit détenir le monopole des armes.

Vendredi, Saad Hariri a laissé entendre que le Hezbollah avait «peur» de la vérité sur l'assassinat de son père, affirmant que l'arsenal ne lui «servira à rien face à la vérité». Le TSL doit rendre un acte d'accusation dans lequel des membres du parti chiite seraient désignés, selon de nombreux médias occidentaux