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SYNTHÈSELibye: L'armée progresse à Zaouïah et bombarde l'Est du pays

Libye: L'armée progresse à Zaouïah et bombarde l'Est du pays

SYNTHÈSE
lors que le régime de Kadhafi a dépêché des émissaires en Europe avant le sommet de l'Union de vendredi, et en Egypte, où se tiendra samedi une réunion de la Ligue arabe...
Des rebelles libyens lors d'affrontements avec les forces pro-Kadhafi près de Ras Lanouf et Bin  Jawad, le 9 mars 2011.
Des rebelles libyens lors d'affrontements avec les forces pro-Kadhafi près de Ras Lanouf et Bin Jawad, le 9 mars 2011. - REUTERS/Asmaa Waguih
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Les combats se sont poursuivis ce mercredi en Libye, où les forces gouvernementales ont progressé dans la ville de Zaouïah, dans l'Ouest, et ont bombardé des positions rebelles près du terminal pétrolier d'Es Sider, dans l'Est.

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Les insurgés ont lancé un appel à l'aide internationale, demandant l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne afin de neutraliser les forces aériennes loyalistes contre lesquelles ils sont démunis. Le gouvernement de Mouammar Kadhafi a pour sa part dépêché des émissaires en Europe avant le sommet de l'Union qui sera largement consacré à la Libye vendredi à Bruxelles. Un général libyen porteur d'un message de Kadhafi s'est par ailleurs posé au Caire, où se tiendra samedi une réunion de la Ligue arabe.

«Zaouïah est une ville morte»

A Zaouïah, ville à 50 km à l'ouest de Tripoli que les gouvernementaux tentent de reprendre depuis plusieurs jours, la situation des insurgés, retranchés sur la place centrale, semble très précaire. Un habitant a même affirmé en fin d'après-midi que les rebelles avaient été contraints de se retirer de la place qui serait tombée aux mains des loyalistes. Selon un médecin, les affrontements de la journée ont fait au moins 40 morts. D'après la chaîne de télévision qatarie Al Djazira, un général et un colonel des forces gouvernementales ont été tués dans les combats.

«Les chars sont partout» avait auparavant déclaré par téléphone à Reuters un combattant rebelle. «Il y a tant de morts qu'on ne peut plus les enterrer. Zaouïah est une ville morte. Il n'y a personne dans les rues. On n'entend plus les oiseaux.» «Ils (les kadhafistes) ont encerclé la place avec des blindés et des tireurs d'élite. C'est effrayant», avait dit un autre habitant de la ville. La télévision publique libyenne a affirmé que des partisans de Kadhafi se dirigeaient par petits groupes vers le centre de la ville pour crier leur soutien au «guide».

Accusations mutuelles de destruction d'installations pétrolières

Dans l'est du pays, d'où est partie l'insurrection il y a plus de trois semaines, les forces loyales à Kadhafi ont pilonné près d'Es Sider, dans la région de Ras Lanouf, les positions des rebelles qui ont riposté à la roquette. Les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir détruit des installations pétrolières dans ce secteur. Les rebelles, dont la progression vers l'est a été stoppée en début de semaine par une contre-attaque gouvernementale, demandent à la communauté internationale d'empêcher Kadhafi d'utiliser son aviation.

L'idée d'une zone d'exclusion est défendue par la Grande-Bretagne et la France mais plusieurs pays, dont la Chine et la Russie qui disposent d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu, sont très réservés. Les Etats-Unis ont souligné qu'une telle initiative, qui entraînerait nécessairement des attaques contre les défenses aériennes libyennes, devait bénéficier d'un large soutien international, ce dont conviennent Londres et Paris.

Les Occidentaux veulent «prendre le contrôle de la Libye»

A Tripoli, Mouammar Kadhafi a affirmé que le peuple libyen courrait aux armes si une telle zone d'exclusion aérienne était instaurée, car cela prouverait selon lui que les Occidentaux veulent «prendre le contrôle de la Libye et lui voler son pétrole».

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a souligné que l'imposition d'une zone d'exclusion revenait aux Nations unies et nécessitait un consensus international. Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'Otan, a déclaré que l'Alliance atlantique ne cherchait pas à intervenir militairement en Libye mais se tenait prête à toute éventualité. L'Italie, dont les bases militaires joueraient un rôle clé dans l'éventualité d'une action militaire contre les forces de Mouammar Kadhafi, s'est dite prête à appuyer toute décision prise par l'Onu, l'Union européenne et l'Otan en vue de mettre fin aux combats.

L'entourage du colonel Kadhafi aurait pris contact avec des pays d'Afrique et d'Amérique latine pour savoir si l'un d'eux serait prêt à l'accueillir au cas où il devrait quitter la Libye. Mais peu de pays africains sembleraient prêts à lui accorder l'asile. Avant le sommet de vendredi à Bruxelles, Catherine Ashton, haute représentante de la diplomatie européenne, a reçu mardi deux émissaires de l'opposition libyenne à Strasbourg - Mahmoud Djebril, qui dirige la cellule de crise du Conseil national libyen (CNL) mis sur pied par les insurgés, et Ali Essaoui, chargé des affaires internationales.

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