La crise du gaz se répand en Europe

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L’Europe a subi hier le premier contrecoup du conflit gazier qui oppose l’Ukraine à la Russie. Les pays d’Europe de l’Est ont enregistré des baisses de la quantité de gaz reçue. La Hongrie n’a été approvisionnée qu’à 60 % hier matin, avant de remonter à 65-70 % par la suite. Les importateurs allemands et français ont également fait état d’une baisse. L’Autriche, l’Allemagne et Bruxelles n’ont pas tardé à réagir, appelant l’Ukraine et la Russie, incapables de s’entendre sur le prix du gaz, à renégocier afin de trouver une issue à la crise. Pour calmer les craintes des Européens – à qui Moscou fournit, via l’Ukraine, un quart de son gaz naturel – et compenser les baisses enregistrées, la Russie a annoncé dans la soirée qu’elle allait augmenter ses livraisons de gaz à l’Europe occidentale. « Le vice-président du groupe gazier russe Gazprom m’a assuré que dans les vingt-quatre heures, les livraisons des importateurs européens seraient entièrement rétablies », a déclaré le ministre autrichien de l’Economie, dont le pays préside l’UE depuis dimanche. Hier matin, Gazprom, qui a coupé le gaz à Kiev tout en continuant à utiliser son gazoduc vers l’Europe, avait accusé l’Ukraine d’avoir « volé » près de 100 millions de mètres cubes de gaz russe à destination de l’Europe. Accusation démentie côté ukrainien. La Commission européenne a convoqué une réunion d’experts demain à Bruxelles pour discuter des conséquences sur les marchés. Reste que ce conflit gazier va pousser les Occidentaux à repenser la question de leur indépendance énergétique, devenue déterminante pour les années à venir. Faustine Vincent

G8 La Russie n’a pas hésité à couper le gaz alors même qu’elle préside depuis dimanche le G8, le groupe des pays les plus riches Moscou réaffirme ainsi sa position de grande puissance énergétique mondiale.