Oman: les protestations continuent en dépit du remaniement ministériel

© 2011 AFP

— 

Des Omanais ont continué à camper mardi sur des places de Mascate et de Sohar, au nord de la capitale, estimant "insuffisant" le remaniement ministériel décidé lundi par le sultan Qabous qui a pourtant changé le tiers du gouvernement.

Dans la capitale, le sit-in face au siège du Conseil consultatif se poursuivait mardi, selon un correspondant de l'AFP, tandis qu'un manifestant à Sohar, ville industrielle à 200 km au nord de Mascate, a indiqué que quelque 300 à 400 manifestants continuaient d'occuper la place de la Terre.

"Les décisions de limoger les ministres ne suffisent pas. Nous voulons que ceux qui ont pillé les biens de l'Etat, laissant les citoyens appauvris, soient jugés, et en premier lieu le ministre de l'Economie", a déclaré ce manifestant, Ali Habib, joint par téléphone.

"Il faut les empêcher de voyager jusqu'à ce qu'ils soient jugés", a ajouté ce retraité, précisant que les manifestants ont déployé des banderoles demandant de "limoger et de juger les ministres" et d'"augmenter les salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités".

Face à la grogne populaire, le sultan Qabous a procédé lundi à un remaniement ministériel, changeant le tiers de son cabinet, dans ce qui est qualifié de "plus ample changement de la composition du gouvernement en 40 ans" de son règne.

Les Etats-Unis ont salué lundi "les mesures de réforme" engagées dans le sultanat d'Oman.

"Nous sommes satisfaits des mesures récentes de réforme engagées par le gouvernement d'Oman", a déclaré Philip Crowley, le porte-parole du département d'Etat. "Nous encourageons fortement le gouvernement à poursuivre la mise en oeuvre de réformes qui augmenteront les possibilités économiques et amélioreront la participation au processus politique", a-t-il ajouté.

Avant le remaniement, le sultan avait annoncé la création de 50.000 emplois, des aides pour les chômeurs, ainsi que la mise en place d'une commission chargée de faire des propositions pour donner plus de pouvoir à l'assemblée consultative élue.

Le mécontentement populaire dans ce pays de trois millions d'habitants, dont 20% d'étrangers, ne concerne pas la personne du sultan mais a une forte tonalité sociale.

Le sultanat a des ressources limitées en pétrole, mais il occupe une situation stratégique à l'embouchure du Golfe, d'où proviennent 20% de l'ensemble du brut qui circule dans le monde.