Libye: Vaste contre-offensive des forces pro-gouvernementales contre les insurgés

MONDE La communauté internationale est toujours aussi divisée sur une intervention armée...

C.C. avec Reuters

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G.TOMASEVIC / REUTERS

Les combats s’intensifient de jour en jour en Libye où les forces pro-Kadhafi, engagées dans une contre-offensive dans le golfe de Syrte, ont mené ce lundi des attaques aériennes contre le port pétrolier de Ras Lanouf. En parallèle, les efforts s'accélèrent pour tenter de soulager le sort des populations civiles et endiguer leur exode.

D'après les Nations unies, plus d'un million de personnes ayant fui la Libye ou prises au piège dans les violences à l'intérieur du territoire ont besoin d'une aide d'urgence. L'Onu estime que 200.000 personnes ont déjà fui la Libye, prévoit le départ de 200.000 autres et évalue à 600.000 le nombre de personnes en danger en Libye même.

Les forces pro-Kadhafi présentes sur tous les fronts

La première urgence pour les secours était d'accéder à Misrata, une ville de 300.000 habitants tenue par les rebelles à 200 km à l'est de Tripoli que les forces pro-Kadhafi ont tenté de reprendre ce week-end avec des chars et de l'artillerie. Zaouïah, à 50 km à l’ouest de Tripoli, aurait été de nouveau attaquée ce lundi.

Sur le front Est, les forces pro-Kadhafi, après avoir reconquis dimanche la localité de Bin Djaouad, avancent vers Ras Lanouf, 60 km plus à l'est, selon plusieurs témoins. Des habitants du port pétrolier, qui a interrompu ses activités, ont commencé à quitter la ville et des insurgés ont dit transférer des armes dans le désert pour les mettre à l'abri. Plusieurs bombardements aériens dans le secteur du terminal pétrolier ont été signalés par des insurgés.

Les insurgés refusent le dialogue et appellent à l’aide

Les insurgés ont demandé à la communauté internationale de mener des raids aériens ciblés contre les forces adverses malgré l’appel au dialogue d’un proche de Mouammar Kadhafi. Une offre aussitôt rejetée par le Conseil national à Benghazi, qui réclame comme préalable le départ du dirigeant libyen.

Cette proposition lancée à la télévision nationale par Djadallah Azouz al Talhi, Premier ministre dans les années 1980 et originaire de l'Est, coïncide avec une offensive médiatique de Mouammar Kadhafi, qui a répété sur France 24 que son régime était un rempart contre Al-Qaida et l'immigration clandestine.

Intervention armée ou zone d’exclusion aérienne?

De son côté, le président américain Barack Obama a déclaré que l'Otan examinait des options militaires à propos de la Libye mais la Russie s'est prononcée contre toute intervention étrangère. Le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a indiqué pour sa part que la Grande-Bretagne et d'autres pays travaillaient d'urgence à l'élaboration par le Conseil de sécurité de l'Onu d'une résolution visant à créer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Il a fait état d'«informations crédibles» selon lesquelles des hélicoptères des forces gouvernementales ont tiré sur des civils.

La Ligue arabe, qui a exclu la Libye de ses instances face à la répression du soulèvement, est également favorable à une zone d'exclusion tout en rejetant une intervention militaire. Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a toutefois souligné mercredi dernier que la mise en place d'une zone de non-survol entraînerait nécessairement une attaque contre la Libye pour neutraliser ses défenses aériennes. En visite à Kaboul, lundi, le chef du Pentagone a rappelé que toute intervention militaire étrangère devrait avoir l'aval de la communauté internationale.