Sud-Soudan: près de 100 morts dans des combats entre armée et rebelles

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Près de 100 personnes ont été tuées ces dernières 24 heures dans des combats entre l'armée sudiste et des milices rebelles dans les états du Haut Nil et du Jonglei, au Sud-Soudan, selon l'armée, jetant une ombre sur l'indépendance en juillet de cette région pauvre.

Des combats lundi entre l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) et une milice loyale au général George Athor, un ancien haut gradé de la SPLA entré en rébellion, ont fait 21 morts, dont sept soldats, dans l'Etat du Jonglei, a indiqué Philip Aguer, porte-parole de l'armée sudiste.

La SPLA est l'ancienne rébellion sudiste, aujourd'hui à la tête de l'armée de la région semi-autonome du Sud-Soudan, qui doit devenir indépendante en juillet.

D'autres affrontements entre l'armée sudiste et des rebelles sous les ordres d'Ulony, un chef de milice longtemps au service de Khartoum, ont fait par ailleurs 72 morts --65 rebelles et sept soldats--, dimanche dans l'Etat voisin du Haut Nil, selon cette même source.

Au Jonglei, "les hommes de George Athor ont attaqué la SPLA il y a deux jours, et la SPLA a riposté en attaquant deux de leurs camps", a indiqué M. Aguer.

"Quatorze corps ont été découverts sur le terrain de leur côté, ainsi que de nombreux blessés", a-t-il dit.

Le général Athor a confirmé d'importants combats à Korwac et Patai, deux de ses camps dans le nord du Jonglei. Selon lui, 172 soldats sudistes ont été tués dans ces combats, un bilan démenti par M. Aguer qui a fait seulement état de sept militaires tués.

Le chef rebelle a par ailleurs affirmé qu'Ulony était "l'un de (ses) officiers". "Nous avons conclu un accord de paix avec le gouvernement le 6 janvier. Mais ils sont revenus sur leur parole, alors nous nous défendons", a-t-il dit à l'AFP.

Les troupes loyales au général Athor avaient lancé le 9 février une vaste attaque contre la SPLA, faisant plus de 200 morts dans l'Etat du Jonglei.

S'agissant des combats dimanche dans l'état du Haut Nil, M. Aguer a indiqué que les miliciens avaient attaqué des soldats de la SPLA qui étaient partis au marché de Owach, une ville à l'ouest de Malakal, la capitale du Haut Nil. L'attaque a fait un mort et un blessé parmi les soldats, a-t-il précisé.

"Après cet incident, la SPLA a attaqué leur camp vers midi (09H00 GMT)", a-t-il dit.

Une assistante du bureau du gouverneur, Susan Oyach, a démenti la mort de dizaines de personnes dans ces combats, parlant plutôt de "entre 13 et 15 personnes tuées en tout".

M. Aguer a précisé que 37 fusils d'assaut AK-47, "sans aucun doute" fournis par le Nord, avaient été retrouvés.

Il n'était pas possible dans l'immédiat d'obtenir une confirmation du nombre de victimes, ni de joindre des responsables de l'armée nordiste.

Selon M. Aguer, ces violences surviennent alors que le gouvernement sudiste a autorisé le groupe d'Ulony à rejoindre la SPLA dans le cadre de l'amnistie proposée en octobre par le dirigeant sudiste Salva Kiir aux combattants rebelles.

Les relations entre le Nord et le Sud, qui semblaient s'être apaisées pendant le référendum début janvier sur l'avenir du Sud-Soudan, ont été mises à mal par une série d'attaques des rebelles dans le Haut Nil et le Jonglei depuis février.

Juba, capitale du Sud-Soudan, a accusé les rebelles d'agir pour le compte de Khartoum afin de déstabiliser le Sud, ce qu'ont nié les responsables nordistes.

Khartoum de son côté accuse les autorités sudistes de soutenir les groupes rebelles du Darfour, région de l'ouest du pays.

Le référendum ayant révélé une majorité écrasante de 98,83% des voix en faveur de la sécession, le Sud-Soudan doit devenir un Etat indépendant en juillet.

Maintenir la sécurité dans cette région et y désarmer la population civile constituent les défis majeurs pour les autorités sudistes, estiment les analystes.